Hong Kong: Pékin s'irrite des bougies des consulats américains et de l'UE commémorant Tienanmen

Des bougies aux fenêtres du consulat des États-Unis à Hong-Kong, le 4 juin 2021. © AFP - PETER PARKS Des bougies aux fenêtres du consulat des États-Unis à Hong-Kong, le 4 juin 2021.

Les autorités chinoises ont estimé que les bougies allumées par les consulats des États-Unis et de l'Union européenne à Hong Kong pour commémorer les événements du 4 juin 1989 de Tiananmen représentaient un « spectacle politique malhabile » visant à déstabiliser le territoire.

Pour la deuxième année consécutive, la cérémonie en mémoire des victimes de la répression de Tienanmen en 1989  est interdite à Hong Kong : rassemblements interdits, mais aussi interdiction de parler de ces événements ou même d'y faire allusion. 

Des bougies avaient pourtant été allumées vendredi soir aux fenêtres du bâtiment du consulat américain, qui jouxte la résidence de la dirigeante de Hong Kong nommée par Pékin, Carrie Lam, ainsi qu'à celles du bureau de l'Union européenne. Ces missions diplomatiques ont également publié des photographies de leurs hommages à Tiananmen faits de chandelles, sur les réseaux sociaux.

Commémoration interdite

Une initiative qui n'a pas plu à Pékin. « Toute tentative d'exploiter Hong Kong pour mener des activités d'infiltration ou de sabotage contre le continent franchit la ligne rouge (...), est absolument intolérable », a déclaré un porte-parole du bureau hongkongais du ministère chinois des Affaires étrangères alors que le climat s'est considérablement dégradé dans l'ex-colonie britannique. « Nous exhortons à nouveau les organes des pays concernés à Hong Kong à cesser immédiatement (...) de se mêler des affaires de Hong Kong et des affaires intérieures de la Chine en général, et d'éviter de jouer avec le feu », a-t-il ajouté. Les rassemblements organisés le 4 juin sont considérés comme un symbole des aspirations démocratiques de Hong Kong.

Pourtant, pendant trois décennies à Hong Kong, des foules immenses organisaient des veillées aux chandelles le 4 juin en mémoire des personnes tuées en 1989 lors de la répression du mouvement pro-démocratie à Pékin. Mais cette année, toute commémoration était formellement interdite par les autorités chinoises dans l'ex-colonie britannique. Les forces de l'ordre ont notamment interdit l'accès au Parc Victoria vendredi, qui était le lieu traditionnel de ralliement pour ces commémorations.

Prison pour certains participants de l'année dernière

Certains habitants de Hong Kong ont cependant trouvé d'autres moyens de commémorer cet anniversaire, notamment en allumant de petites lumières dans les rues ou aux fenêtres, en soirée. Les autorités ont invoqué comme l'an passé les restrictions liées à la pandémie de coronavirus pour interdire la veillée. Pourtant, la ville n'a enregistré aucun cas de contamination locale d'origine non identifiée en plus d'un mois.

L'an dernier, la police avait déjà interdit cette veillée funèbre, mais avait observé sans intervenir le rassemblement de milliers de personnes dans le Parc Victoria. Certains organisateurs ont depuis écopé de peines d'emprisonnement. Le militant Joshua Wong a été condamné le mois dernier à dix mois de prison pour y avoir participé à tandis que trois autres personnes ont été condamnées à des peines de quatre à six mois. Vingt autres personnes doivent comparaître devant la justice le 11 juin pour des accusations similaires.

(avec AFP)

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