Biopic #25 : Razi, père fondateur de la médecine expérimentale

© Fournis par Yabiladi

Dit Al-Razi en arabe, né Razi en Perse, celui que les Occidentaux nommèrent Rhazes fut considéré comme l’un des plus importants médecins de la civilisation islamique. Il vulgarisa notamment les usages médicaux de l’alcool ou encore l’expérimentation de médicaments sur les animaux.

Le IXe siècle fut marqué par la naissance de l’un des plus grands savants des sciences médicales dans la civilisation islamique. Ayant vu le jour en Perse, il développa ses connaissances à Bagdad. Son influence, elle, dépassa toutes les frontières pour atteindre l’Europe et le monde, surtout lorsque ses ouvrages furent traduits en plusieurs langues. Ce leg pour l’humanité revint à Abu Bakr Mohammad Ibn Zakariya Razi, qui naquit en 864 dans la ville de Rayy dans l’Iran actuel.

Depuis sa jeunesse, il se passionnait pour le savoir et l’apprentissage, devenant rapidement celui à qui la science moderne en Europe dut beaucoup. Ainsi fut accroché à l’Ecole de médecine de Paris un portrait de Razi aux côtés de celui d’Ibn Sina et d’Ibn Rochd. Quant à l’Université de Princeton, elle consacra un grand et prestigieux espace aux expositions d’objets relatifs à ses réalisations.

Un praticien aux disciplines scientifiques multiples

Grâce à son voyage à Bagdad, métropole culturelle de l’époque, ce savant approfondit ses connaissances en médecine. Il fut rapidement nommé par le calife abbasside Al-Mu`tadid (dit aussi Abbas II, 892 – 902) comme superviseur principal de l’hôpital Al-Bimaristan dans la ville. Il veilla lui-même au bon déroulement des travaux de construction de cette bâtisse, après avoir choisi le site adéquat pour son édification. Au sein de cet établissement, le praticien développa considérablement ses recherches et procédés médicaux, posant les bases de la médecine expérimentale et le principe d’observation auprès des patients.

Pour améliorer ses innovations, Razi effectua en effet des expériences scientifiques sur des singes, afin de mesurer l’efficacité des médicaments à usage humain. Il eut recours également à un procédé qui fut perpétué à travers les générations de médecins via la purification et la désinfection par l’alcool. Dans son ouvrage «Abu Bakr Razi, le médecin philosophe», Kamel Mohammed Mohammed Aweida lui témoignait de ces grands apports, décrivant une vie «jalonnée de réalisations dans le savoir et les sciences» qui le mettait au rang d’un «Claude Galien de la médecine dans le monde perse et arabo-musulman».

«Il était non seulement docteur en médecine, mais aussi le philosophe de l’islam, représentant du courant éthique. Ainsi était-il considéré comme un véritable réformateur des sociétés, en plus d’être un fin connaisseur de la philosophie.»

Kamel Mohammed Mohammed Aweida

Biopic #25 : Razi, père fondateur de la médecine expérimentale