L'OMS juge inutile les interdictions de voyage, aggravation de la situation en France… le point sur le coronavirus

Nouvelles mesures, nouveaux bilans et faits marquants : un point sur les dernières évolutions de la pandémie de Covid-19 en France et dans le monde.

© REUTERS/Hannah McKay

La situation en France

La situation sanitaire est "en train de s'aggraver", a souligné mardi le ministre de la Santé Olivier Véran, avec une moyenne de contaminations journalière qui pourrait bientôt dépasser celle du pic de la troisième vague de l'épidémie de Covid-19. "La situation est en train de s'aggraver sur le front de l'épidémie", a dit le ministre lors de la séance de questions à l'Assemblée nationale. Au cours des dernières 24 heures, 47.177 nouveaux cas ont été enregistrés contre 30.454 il y a une semaine, selon les statistiques de Santé publique France.

Avec 10.249 personnes à l'hôpital, la barre de 10.000 a été franchie mardi pour la première fois depuis le 12 septembre. 1.187 patients ont été admis en 24 heures. Cela "continue de marquer une augmentation de la diffusion du virus sur le territoire national, avec une moyenne du nombre de contaminations par jour qui dépasse les 30.000 et qui pourrait être, si on poursuit cette dynamique, de plus de 60% par semaine, supérieure au pic de la 3e vague d'ici à la fin de la semaine", a souligné le ministre. Le ministre de la Santé a répété que la vaccination permet de limiter le nombre de cas graves, d'hospitalisations, de réanimations et de décès: "c'est ce qui protège actuellement notre pays", "c'est aussi l'utilité du pass sanitaire" ."Mais le nombre de cas graves continue de monter (...), c'est pourquoi il faut amplifier la campagne de rappel", a-t-il plaidé.

Le nombre des patients en soins critiques est monté mardi à 1.824 avec 271 nouvelles admissions. D'autant qu'un nouveau risque plane: le variant Omicron, dont on ignore encore s'il sera plus contagieux que le Delta et s'il résistera en partie aux vaccins. Un premier cas positif à ce variant, qui se répand à travers le monde, a été identifié en France sur l'île de La Réunion. "D'autres cas pourraient être identifiés dans les heures à venir, je tiendrai évidemment les Français au courant", a promis Olivier Véran.

L’OMS se prononce sur les interdictions de voyage

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a jugé inutiles mardi les interdictions de voyages pour endiguer la propagation du nouveau variant du coronavirus Omicron, dont des cas ont été détectés pour la première fois en Amérique latine. Officiellement signalé en Afrique du Sud le 24 novembre, ce nouveau variant très contagieux aurait en fait commencé à se propager dans le monde plusieurs jours plus tôt, les autorités sanitaires néerlandaises ayant annoncé mardi qu'Omicron circulait déjà aux Pays-Bas le 19 novembre. Omicron a été détecté aux Pays-Bas dans deux échantillons de test prélevés les 19 et 23 novembre et une des deux personnes concernées n'avait pas voyagé récemment, ce qui suggère que le variant circulait déjà dans le pays, selon l'Institut néerlandais de la santé et de l'environnement (RIVM).

Mardi soir, le Brésil a annoncé avoir enregistré ses deux premiers cas, les premiers aussi en Amérique latine, chez des voyageurs provenant d'Afrique du Sud. Mais "les interdictions générales de voyager n'empêcheront pas la propagation" de ce variant, a estimé l'OMS dans un document technique. Face à la panique qui semble s'emparer de la planète, le chef de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a appelé mardi au "calme" et demandé une réponse "rationnelle" et "proportionnelle".

Il s'est dit "préoccupé par le fait que plusieurs Etats membres prennent des mesures générales et brutales qui ne sont ni fondées sur des preuves ni efficaces en soi et qui ne feront qu'aggraver les inégalités" entre les pays. Depuis que l'Afrique du Sud a signalé l'apparition de ce nouveau variant la semaine dernière, de nombreux Etats ont fermé leurs frontières à ce pays et à ses voisins, provoquant la colère dans la région. Ces mesures "peuvent avoir un impact négatif sur les efforts de santé mondiaux pendant une pandémie en dissuadant les pays de signaler et de partager les données épidémiologiques et de séquençage", a prévenu l'OMS.

Le bilan dans le monde

Jamais un variant du Covid-19 n'avait provoqué autant d'inquiétude depuis l'émergence de Delta, actuellement dominant et déjà très contagieux. L'OMS juge "élevée" la "probabilité qu'Omicron se répande au niveau mondial", même si de nombreuses inconnues demeurent : contagiosité, efficacité des vaccins existants, gravité des symptômes. Elément rassurant : à ce jour, aucun décès associé à Omicron n'a été signalé. En Afrique du Sud, la majeure partie des nouvelles contaminations sont déjà liées à Omicron, laissant penser que le variant a un grand potentiel de propagation. Mardi, les Bourses mondiales et les cours du pétrole reculaient nettement face à l'avancée d'Omicron. Wall Street a ainsi terminé novembre en forte baisse de 1,86%.

La pandémie a fait au moins 5.206.370 morts dans le monde depuis fin 2019, selon un bilan établi par l'AFP à partir de sources officielles, mardi à 11H00 GMT.

Les Etats-Unis sont le pays le plus endeuillé, avec 778.601 décès, devant le Brésil (614.681), l'Inde (468.980), le Mexique (293.950) et la Russie (275.193).

L'OMS estime, en prenant en compte la surmortalité directement et indirectement liée au Covid-19, que le bilan de la pandémie dans le monde pourrait être deux à trois fois plus élevé que celui calculé à partir des chiffres officiels.

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