Fin des opérations de l'armée française au Mali

Des soldats de l'opération Barkhane en train de quitter Gao en juin 2021. © AP Photo/picture alliance Des soldats de l'opération Barkhane en train de quitter Gao en juin 2021.

Emmanuel Macron a d’abord rejeté l'affirmation selon laquelle l'opération Barkhane aurait été un échec.

Sur un ton ferme, le président français, répondant à une question sur "cet échec" présumé de l'opération Barkhane est donc revenu sur ce qu’il considère comme les succès de l'armée française au Mali:

"Je récuse complètement ce terme pour plusieurs raisons : la première, que se serait-il passé si la France n'avait pas fait le choix d'intervenir ? Vous auriez eu à coup sûr un effondrement de l'Etat malien. Nos militaires ont obtenu de nombreux succès. Je citerais pour mémoire la disparition de l'émir de la Khatiba Al Fourkane en février 2019, celle aussi de l'Emir d'AQMI".

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La France reste au Sahel

La France part du Mali mais restera tout de même au Sahel et dans le Golfe de Guinée avec cette fois, une nouvelle stratégie.

Jusque-là, on ne sait pas précisément dans quels pays la France poursuivra sa mission de lutte anti-terroriste. Il est beaucoup question du Niger où les soldats français sont déjà présents et Emmanuel Macron a aussi cité le Bénin, la Côte d'Ivoire et le Togo. Mais il a clairement expliqué à quoi ressemblera l'avenir de l'intervention française au Sahel et dans les pays du Golfe de Guinée.

"Nous définirons dans les semaines et mois qui viennent l'appui que nous apporterons à chacun des pays de la région sur la base des besoins qu'ils auront exprimés", a dit le président français, avant de poursuivre en ces termes: "Cet appui pourra inclure de l'aide en matière de formation et d'entraînement, de la fourniture d'équipement, voire un appui à leurs opérations contre le terrorisme".

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Le choix de la discrétion

La France souhaite donc que ses soldats soient moins visibles sur le terrain, elle tire de cela sans doute les leçons du rejet qu’elle connait aujourd’hui au Mali. Une question sur l'efficacité de cette nouvelle stratégie se pose déjà, mais, le Colonel Pascal Ianni, le porte-parole du chef de l'état-major des armées françaises, pense le contraire:

"Elle sera efficace lorsque l'ensemble des forces armées locales en Afrique de l'Ouest seront en mesure d'assurer la sécurité de leurs territoires et de leurs populations. Je pense que c'est l'objectif recherché par tout le monde, par tous les pays concernés, parce que la solution, elle est dans les mains des pays africains" explique t-il.

Le calendrier du retrait total de la force Barkhane devrait durer au maximum six mois, "si toutes les conditions sont bien réunies", a affirmé le colonel Pascal Ianni.

Auteur: Etienne Gatanazi

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