Le Rwanda commémore le 28e anniversaire du génocide contre les Tutsis

28e anniversaire du génocide rwandais contre les Tutsis, au cours duquel plus d'un million de personnes ont péri dans l'horreur.

Le président rwandais Paul Kagame prononce un discours lors de la cérémonie au Mémorial du génocide de Gisozi, à Kigali, au Rwanda, le 7 avril 2022. © SIMON WOHLFAHRT/AFP or licensors Le président rwandais Paul Kagame prononce un discours lors de la cérémonie au Mémorial du génocide de Gisozi, à Kigali, au Rwanda, le 7 avril 2022.

Ce jeudi 7 avril marque la Journée internationale de réflexion sur le génocide rwandais de 1994, au cours duquel plus d'un million de personnes ont péri dans l'horreur.

À l'occasion du 28e anniversaire du génocide rwandais contre les Tutsis, la Commission de l'Union africaine (UA) et la Mission permanente de la République du Rwanda auprès de l'Union africaine ont organisé conjointement une commémoration du génocide de 1994 contre les Tutsi. La commémoration se fera sous le thème "Remember-Unite-Renew" et cela sur une période de cent jours, du 7 avril 2022 au 3 juillet 2022.

Le principal événement commémoratif a eu lieu ce jeudi au siège de l'Union Africaine à Addis-Abeba, auquel ont participé des représentants d'Etats membres de l'UA, mais également des partenaires internationaux.

La responsabilité de l’Occident

Simultanément au Mémorial du génocide à Kigali, le président rwandais Paul Kagame a critiqué, les "grands pays" qui n'ont jamais agi pour arrêter le massacre et qui critiquent maintenant le manque de liberté d'expression dans ce pays d'Afrique de l'Est. Parmi l'assistance, de nombreux diplomates étrangers.

"Certains de ces pays sont grands, mais (...) ils n'ont aucune leçon à donner à quiconque, car ils font partie de l'histoire qui a causé la mort de plus d'un million de nos concitoyens". "Ils en sont la cause", a déclaré Paul Kagame lors d'un événement commémorant le 28e anniversaire du début du génocide.

Le président rwandais a critiqué de manière voilée les politiques de division des administrations coloniales allemande et belge, qui ont donné naissance aux discours de haine qui, avec le temps, ont également conduit à l'horreur de 1994.

Selon Kagame, les pays occidentaux accusent le Rwanda de limiter la liberté d'expression des citoyens pour masquer ses propres efficacités, et surtout de ne pas avoir agi lorsque des Rwandais attendaient une rançon. En outre, le chef de l'Etat rwandais a accusé l'Occident de priver le Rwanda de l'espace médiatique nécessaire pour se défendre contre les critiques des groupes de défense des droits de l'homme, qui accusent son gouvernement de réduire l'espace politique de ses opposants et de persécuter tous ses détracteurs.

"Nous leur pardonnons. Certains d'entre eux vivent encore dans leurs maisons, dans leurs villages. D'autres sont dans le gouvernement ou ont des entreprises", a ajouté le président.

L'un des pires génocides de l'histoire

Depuis la fin du XIXe siècle, le gouvernement colonial allemand, puis belge, a séparé la population en deux groupes fermés : les Tutsis, qui représentaient 14 % de la population, et la majorité hutu.

Les tensions entre ces deux groupes, qui à différents moments de leur histoire ont bénéficié de plus ou moins de privilèges grâce à la marginalisation ou à l'exploitation de l'autre, ont conduit à une guerre civile entre le gouvernement rwandais pro-hutu et les rebelles du Front patriotique rwandais (FPR), dirigé par Kagame.

Dans la nuit du 6 avril 1994, la chute de l'avion transportant le président rwandais de l'époque, Juvénal Habyarimana, et le président burundais, Cyprien Ntaryamira, tous deux hutus, les a tués et a déclenché le génocide contre les Tutsis. Le 29 mai 2000, un rapport de l'Organisation de l'unité africaine (OUA) a reconnu le génocide perpétré contre les Tutsis, au cours duquel plus d'un million de Tutsis ont été massacrés en seulement cent jours.

Le Rwanda commémore le 28e anniversaire du génocide contre les Tutsis