L'Allemagne pourrait se doter d'un bouclier antimissiles

Olaf Scholz invité d'Anne Will, présentatrice vedette de l'ARD, la première chaîne de télévision publique allemande © Wolfgang Borrs/NDR/dpa/picture alliance Olaf Scholz invité d'Anne Will, présentatrice vedette de l'ARD, la première chaîne de télévision publique allemande

Pour le moment, rien n'a officiellement été décidé maisle sujet est sur la table a déclaré Olaf Scholz. Dans un entretien, dimanche soir, sur la première chaîne publique allemande ARD, le chancelier a seulement indiqué que l'Allemagne devait se "préparer à l'éventualité d'avoir un voisin - laRussie - qui est actuellement prêt à faire usage de la violence pour faire valoir ses intérêts."

Les médias allemands ont estimé le coût d'un bouclier antimissile à deux milliards d'euros, une somme qui pourrait donc être financée par le fonds spécial qu'Olaf Scholz souhaite dégager pour moderniser l'armée allemande mais qui n'a pas encore été validée.

Autres détails qui ont filtré dans la presse : le bouclier pourrait être opérationnel dès 2025, depuis trois sites en Allemagne. Il serait aussi destiné à protéger la Pologne, la Roumanie et les pays baltes face à la menace russe.

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Les limites du bouclier

L'annonce du chancelier allemand a été diversement accueillie au sein de la classe politique, y compris au sein de son propre parti. Pour le secrétaire général du SPD, Kevin Kühnert, il ne faudrait pas que le gouvernement, sous prétexte de contexte tendu, se mette à acheter des armes tous azimuts. Au sein du parti conservateur, on fait remarquer qu'un tel bouclier serait de toutes façons impuissant face aux armes hypersoniques dont dispose la Russie et que ce serait donc des milliards mal investis.

Plus d'armes, moins de guerres ?

Outre la question de ce bouclier anti-missile, le virage entrepris par le gouvernement allemand concernant la politique de sécurité du pays est soutenu par un large pan de la classe politique. Le fonds spécial pour la refonte de la Bundeswehr fait lui en revanche davantage débat et est même rejeté en bloc par le parti de la gauche radicale, die Linke.

Die Linke qui est à l'origine d'une pétition signée par plus de 600 représentants du monde politique et scientifique ainsi que par des célébrités. Le texte réclame notamment que l'augmentation inédite des dépenses en matière d'armements depuis la Seconde Guerre mondiale soit discutée en amont au sein de la société. Le réarmement prévu pour durer des décennies n'arrêtera pas la guerre en Ukraine et ne rendra le monde ni plus pacifique ni plus sûr, affirment encore les signataires.

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Auteur: Konstanze Fischer, Avec agences

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