Vaccins anti-Covid: l'Autorité palestinienne annule l'accord avec Israël

Après des mois d’attente, les Palestiniens en Cisjordanie occupée avaient commencé leur campagne de vaccination dimanche 21 mars avec les vaccins Pfizer et AstraZaneca. Ici dans le premier centre de vaccination, au ministère de la Santé de Ramallah. © AFP - HAZEM BADER Après des mois d’attente, les Palestiniens en Cisjordanie occupée avaient commencé leur campagne de vaccination dimanche 21 mars avec les vaccins Pfizer et AstraZaneca. Ici dans le premier centre de vaccination, au ministère de la Santé de Ramallah.

Les doses de vaccins Pfizer reçues de l’État hébreu devaient bientôt expirer et ne répondaient pas aux normes requises, précise-t-elle. Retour sur ce deal annulé. 

Avec notre correspondante à Ramallah, Alice Froussard

Indiquant qu'elle refusait de recevoir des doses « en passe d'être périmées », l'Autorité palestinienne a annulé ce vendredi un accord avec l'État hébreu portant sur le transfert d'un million de doses de vaccins contre le coronavirus.

Plus tôt, ce vendredi, Israël avait en effet annoncé qu’il transférerait environ un million de doses de vaccins en échange d'un nombre similaire de nouvelles doses que les Palestiniens s'attendent à recevoir plus tard dans l’année. Il s’agissait, selon le ministère de la Santé palestinien, d’une initiative visant à « accélérer la campagne de vaccination », et mis en place après qu'Israël a été invité depuis des mois à faire plus d’efforts pour assurer l'accès des Palestiniens aux vaccins.

Le porte-parole de l’Autorité palestinienne a été clair : « après l'examen du premier lot de vaccins Pfizer reçu d’Israël, il a été découvert qu'il n'était pas conforme aux caractéristiques prévues par l’accord ». « Le gouvernement refuse donc des doses en passe d’être périmée » insiste-t-il lors de la conférence de presse, alors que déjà 90 000 doses avaient été reçues et sont sur le point d’être rendue.

La date exacte de péremption n’a pas été précisée par l’Autorité Palestinienne, mais l’accord incluait des doses encore valable en juillet et en août. Et sur les réseaux sociaux, de nombreuses photos des doses de vaccin périmant en juin ont été partagées. En tout cas, les critiques sont vives en Cisjordanie occupée. Beaucoup accusaient déjà le gouvernement palestinien de cet accord, sur le fait d’accepter des vaccins de qualité inférieure, suggérant qu’ils pourraient ne pas être efficaces. D’autres critiques évoquent « un accord pas si charitable que prétendu », « ne traitant pas des problèmes fondamentaux qui empêchent un système de santé fonctionnel ». Enfin, certains pointent du doigt le fait que cet accord était de toute façon « dans l’intérêt d’Israël », pour que l’État hébreu récupère les nouvelles doses destinés aux Palestiniens en octobre.

En Israël, 55% de la population est doublement vacciné, alors que seulement 30% des 5,2 millions de Palestiniens de Cisjordanie et de Gaza ont reçu une seule dose de vaccin.

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