Maroc : Tempête sur la saison touristique hivernale avec une pluie d’annulations

© Fournis par Yabiladi

Dans la tourmente depuis un an et demi de crise sanitaire liée à la Covid-19, les opérateurs touristiques au Maroc ont espéré une petite reprise en période de fêtes de fin d’année. Mais après la suspension des voyages depuis et vers plusieurs pays, c'est le nouveau coup de massue... fatal pour certains.

Jeudi, les autorités marocaines ont annoncé la suspension des voyages depuis et vers plusieurs pays, dans le cadre des mesures préventives contre la propagation de la Covid-19 et de ses variants. Chez les opérateurs touristiques, l’annonce a été suivie d’une vague d’annulations des réservations de la période de fêtes de fin d’année, sur laquelle ils comptaient pour rééquilibrer un tant soit peu leurs finances de 2021.

Marrakech, Agadir et Essaouira restent des villes dont l’économie repose massivement sur le tourisme international, avec deux hautes saisons qui se distinguent : la période estivale et les fêtes de fin d’année. Dans la cité ocre, un gérant de riad confie à Yabiladi que la série d’annulations des réservations après l’annonce de la suspension des voyages pourrait être «un coup fatal» pour son activité, en arrêt total les trois premiers mois de la pandémie et en berne depuis 19 mois. «Notre structure affiche complet en été bien sûr, mais aussi à chaque saison de vacances de fin d’année dans les pays européens. Cela a été le cas pour la fin 2021 et surtout sur la période du 23 décembre au 1er janvier, où nous étions même en surbooking. En un temps court, de l’annonce de la suspension à vendredi après-midi, toutes les réservations ont été annulées, il ne nous en reste plus que deux», a-t-il déploré.

«Pour encourager les clients, nous avons fait des offres de réservation sans remboursement sur les annulations jusqu’aux deux derniers jours de la date d’arrivée. De ce fait, on peut dire que 100% des annulations de la saison hivernale ne nous seront pas remboursées», a confié le gérant, dont le riad est en activité depuis 2005, mais qui craint que cette nouvelle perte ne soit un coup de massue fatal pour son business. «Nos tarifs standards se situent entre 300 et 400 dirhams. Mais sur une période de fêtes de fin d’année, nos tarifs sont en moyenne entre 800 et 900 DH, ce qui veut dire que nous capitalisons grandement sur le mois de décembre pour boucler notre chiffre d’affaires», s’inquiète-t-il, regrettant par ailleurs «l’absence de communication entre les conseils de tourisme et les professionnels du secteur afin d’aborder la situation dans l’urgence».

«Avec ou sans crise sanitaire, le tourisme est ainsi fait : c’est un secteur économique aussi fragile que vital. Il constitue un œuf qu’il faut veiller à entretenir soigneusement pour éviter de le briser. Nous encaissons donc les coups et l’impact de la crise sanitaire, mais nous ne savons plus jusqu’à quand la résilience des professionnels pourra encore tenir.»

Gérant de riad à Marrakech

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