Corée du Sud : la réalité virtuelle utilisée pour déterminer si les seniors peuvent conduire

Photo d'illustration. © Rainer Holz Photo d'illustration.

Le permis de conduire bientôt conditionné à une victoire à Mario Kart ? On connaissait la réalité virtuelle (VR) pour les jeux vidéo, la formation des pilotes d’avion ou encore le traitement de phobies et autres traumatismes. Mais la VR pour accorder des permis de conduire, c’est nouveau. En Corée du Sud, les plus de 65 ans pourraient bien devoir l’utiliser d’ici à 2025 pour prouver leur aptitude à prendre le volant. L’objectif étant à terme la mise en place d’un système pérenne de permis de conduire conditionnel pour cette tranche d’âge.

Pour rappel, la réalité virtuelle fonctionne à partir d’un casque VR : l’utilisateur est immergé à 360° dans un monde entièrement numérique. Idéal pour mettre au point des scénarios et analyser les réactions des utilisateurs. Alors pour vérifier les compétences de conduite des seniors, la police sud-coréenne a annoncé qu’elle lancera, dès l’année prochaine et pendant trois ans, une étude afin d’établir le test le plus performant possible.

Compétences de conduite, capacités cognitives, mémoire… Le conducteur devra être en mesure de tout évaluer, a rapporté lundi l’agence de presse nationale Yonhap News. En tout, 1,2 milliard de wons (900 000 euros) seront alloués au plan la première année qui, au total, devrait atteindre les 3,6 milliards de wons (2,7 millions d’euros).

Si la méthode est inédite, d’autres pays ont déjà mis en œuvre des systèmes pour contrôler la conduite les seniors. En Nouvelle-Zélande, les plus de 75 ans doivent ainsi passer un examen physique tous les deux ans. En Allemagne, les conducteurs rencontrant des difficultés à parcourir de longues distances ne peuvent rouler que dans un certain rayon de leur domicile. Mais en Corée du Sud, comme le souligne l’agence, aucune réglementation stricte n’existe sur la conduite des personnes âgées, exception faite des cas de démence.

Chien fou et queue de poisson

Un vide juridique préoccupant, si l’on en croit les statistiques de la police du pays. Bilan : en 2018, une étude montre que sur 10 000 conducteurs, les personnes âgées seraient 1,86 fois plus impliquées dans des accidents de la route que les trentenaires. En outre, elles auraient été responsables de 2,75 décès, chiffre le plus élevé de toutes les tranches d’âge.

Les données inquiètent d’autant plus que la société coréenne se fait vieillissante, augmentant ainsi le nombre de personnes âgées ayant le permis de conduire. Selon les chercheurs à l’origine de l’étude, la dégradation de la vue avec le temps pourrait être une piste d’explication. En effet, l’œil s’adapterait moins rapidement aux changements ombre-lumière, altérant la réactivité des conducteurs.

Le contenu précis du test prévu par les autorités n’a pour l’heure pas été révélé, mais le site spécialisé The Next Web émet une hypothèse. Dans une étude universitaire intitulée «Le rôle émergeant des technologies dans la sécurité routière et la conduite» qu’il a dénichée, les casques VR sont utilisés pour tester les capacités de conduite. L’expérience se déroule en deux scénarios : une conduite de jour et une conduite de nuit.

A chaque fois, la personne testée est confrontée à «des situations d’incidents inattendus». Comprendre ici : un chien traversant soudainement les voies de circulation, une queue de poisson, l’approche d’un poids lourd dans une intersection non signalisée… Un peu moins palpitant que Mario Kart.

Corée du Sud : la réalité virtuelle utilisée pour déterminer si les seniors peuvent conduire