Certification de l'élection : Donald Trump s'en prend à nouveau à Mike Pence

Donald Trump a fustigé Mike Pence, reprochant de nouveau à son ancien vice-président d'avoir respecté la Constitution en certifiant les résultats de l'élection présidentielle.

Donald Trump © Go Nakamura / Reuters Donald Trump

Une rancoeur tenace. Dimanche, Donald Trump s'en est pris dans un communiqué à son ancien vice-président Mike Pence, lui reprochant à nouveau d'avoir certifié les résultats de l'élection présidentielle -et donc sa défaite : «Mike Pence avait l'opportunité de changer le résultat et ils veulent maintenant retirer ce droit», a-t-il fustigé dans un communiqué évoquant la volonté de certains sénateurs de faire inscrire dans la loi que le vice-président ne peut unilatéralement changer le résultat -une clarification pour éviter toute «ambiguïté», selon les mots de la sénatrice républicaine Susan Collins, et «empêcher que cela arrive à nouveau». «S'il n'avait "absolument aucun droit" de changer le résultat de l'Élection Présidentielle au Sénat, malgré la fraude et d'autres nombreuses irrégularités, pourquoi les Démocrates et Républicains RINO [l'acronyme de "Republicans In Name Only", ceux qui ne sont pas assez républicains à ses yeux], comme Susan Collins la Cinglée, essaient désespérément de changer la loi qui n'autoriserait pas le Vice-Président à changer les résultats d'une élection?», a-t-il demandé, alors que la Constitution l'interdit de fait.

En images :Il y a un an, l'invasion du Capitole

La sortie du milliardaire a fait réagir. «Trump utilise les mots dont il sait qu'ils ont provoqué la violence du 6 janvier», a accusé Liz Cheney, élue républicaine du Wyoming, contre laquelle Donald Trump soutient un candidat dans une primaire pour l'investiture républicaine en réplique à ses critiques. Adam Kinzinger, autre élu républicain fortement critique de l'ancien président, a intimé les dirigeants du parti conservateur à «choisir un camp» entre Donald Trump et la Constitution, qualifiant le communiqué d'«aveu» et de «déclaration non-américaine» : «Il n'y a plus d'entre deux dans la défense de notre nation».

Si Donald Trump s'en prend encore à son ancien vice-président, ce n'est pas uniquement par rancoeur : la commission parlementaire chargée d'enquêter sur l'invasion du Capitole, qui pourrait déboucher sur des poursuites pénales à son encontre , a auditionné Marc Short et Keith Kellogg, ancien directeur de cabinet et conseiller en sécurité nationale de Mike Pence. Ce dernier avait été évacué en urgence du Capitole face à l'irruption des émeutiers, dont certains avaient clamé leur colère à son encontre : une potence avait été érigée devant le Capitole et les cris «Pendez Mike Pence» avaient été vociférés. «Je savais qu'il était bien protégé. Et j'avais entendu qu'il était en pleine forme», avait minimisé en décembre dernier Donald Trump, interrogé par ABC News sur les menaces à l'encontre de son vice-président. «Les gens étaient très en colère. Parce que... c'est du bon sens, d'être supposé protéger... si vous savez qu'une élection est frauduleuse... comment la faire voter au Congrès?», avait-il ajouté, répétant à nouveau ses accusations selon lesquelles seule une fraude électorale a pu causer sa défaite.

Les recours rejetés faute de preuve de fraude

Dans les jours précédant l'invasion du Capitole, Donald Trump avait mis une pression accrue sur Mike Pence, dont les fonctions de vice-président incluent de certifier au Congrès le résultat de l'élection présidentielle. «Les États veulent corriger leurs votes, qu’ils savent basés sur des irrégularités et fraudes, en plus de processus corrompus qui n’ont jamais reçu d’approbation législative. Tout ce que Mike Pence a à faire est de les renvoyer vers les Etats, ET NOUS GAGNERONS. Fais-le Mike, c’est le moment pour un courage extrême!», avait-il écrit le 6 janvier au matin, sur son défunt compte Twitter. «Si le Vice-Président Mike Pence fait le nécessaire pour nous, nous allons gagner la Présidence. De nombreux États veulent décertifier les erreurs qu’ils ont faites en certifiant des chiffres incorrects & même frauduleux dans un processus PAS approuvé par les Législations de leur Etat (ce qui doit être le cas). Mike peut les renvoyer!», avait-il écrit la veille, alors que la soixantaine de recours lancés par ses avocats avaient été rejetés faute de preuve de fraude électorale.

L. Lin Wood, avocat ayant travaillé pour la campagne Trump et qui avait proféré de nombreuses théories complotistes, avait prédit «le peloton d’exécution» pour Mike Pence , qu’il estimait être un «traitre» et un «bon ami du parti communiste chinois» que la défaite de Donald Trump arrangerait car «il veut être président en 2024». Samedi, lors d'un discours prononcé au Texas, Donald Trump a évoqué de possibles grâces pour les émeutiers du Capitole en cas de victoire à l'élection de 2024. «Nous les traiterons justement et si cela passe par des grâces, nous leur accorderons des grâces parce qu’ils ont été traités si injustement», a-t-il assuré, alors que les premières condamnations ont déjà été prononcées et que les poursuites judiciaires ont pris un nouveau tournant avec la mise en examen de onze personnes pour «complot séditieux», des charges d’une ampleur inédite retenues à l’encontre de Stewart Rhodes, fondateur du groupe d’extrême droite des Oath Keepers et de dix membres ou associés. Plus de 700 personnes ont été mises en examen pour leur participation à cet événement inédit, au cours duquel cinq personnes ont trouvé la mort et depuis lequel quatre policiers se sont suicidés , leur famille accusant le traumatisme de la violence vécue ce jour-là.

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