Le Pérou toujours dans l'attente des résultats de la présidentielle

Au Pérou, Pedro Castillo (à dr.) et Keiko Fujimori sont toujours au coude-à-coude (image d'illustration). © Martin Mejia X07403/AFP Au Pérou, Pedro Castillo (à dr.) et Keiko Fujimori sont toujours au coude-à-coude (image d'illustration).

Au Pérou, le décompte des voix se poursuit. Hier, la tendance s’est inversée. C’est désormais le candidat de la gauche, Pedro Castillo, qui est en tête avec 52,2% des voix devant sa rivale, Keiko Fujimori, qui obtient de son côté 49,7% des suffrages. Tandis que l’écart continue de se creuser en faveur de Pedro Castillo, hier soir, son adversaire est sortie du silence pour dénoncer « une fraude systématique ».

Avec notre correspondante à Lima, Wyloën Munhoz-Boillot

Cela faisait 24h que la candidate ne s’était pas exprimée publiquement. Mais, hier soir, Keiko Fujimori a convoqué une conférence de presse pour dénoncer des fraudes dans le processus électoral : « Il y a des indications de fraude, ce que nous considérons inacceptable. C'est quelque chose qui est planifié, systématique, et c'est pourquoi il est important d'alerter le public pour qu'il nous fasse savoir s'il y a eu d'autres irrégularités de ce genre. »

Vidéos et enregistrements audio

Keiko Fujimori et son équipe ont ensuite présenté des vidéos et des enregistrements audio de ces irrégularités, dont la plupart ont en fait déjà été identifiées par les organismes électoraux qui ont pris les mesures nécessaires. Mais la candidate a également remis en cause le parti de son adversaire, Pedro Castillo : « Nous avons noté une stratégie de la part de Perú Libre pour déformer ou retarder les résultats qui reflètent la volonté du peuple, je fais référence à la contestation de certains bulletins de vote. Le but est que des voix en notre faveur ne soient pas comptées. »

Pas d'incidents majeurs pour les observateurs

Suite à ces déclarations, les observateurs internationaux ont réaffirmé que le scrutin s’était déroulé correctement et sans incident majeur. Certains accusent la candidate de préparer le terrain pour contester son éventuelle défaite, comme elle l’avait déjà fait lors de l’élection présidentielle de 2016, et ce, alors même qu’elle s’est engagée à plusieurs reprises à reconnaître cette fois les résultats quels qu’ils soient. A l’issue de la conférence de presse, Keiko Fujimori a déclaré qu'elle restait « optimiste » et « confiante » dans sa victoire, et expliqué qu’elle comptait sur les voix des Péruviens de l’étranger qui n’ont pas encore été comptabilisées pour inverser la tendance en sa faveur.

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