Première réunion américano-russe sous tension avant un sommet Biden-Poutine

Vue aérienne d'un iceberg flottant le long de la côte orientale du Groenland près de Kulusuk, le 15 août 2019 © Jonathan NACKSTRAND Vue aérienne d'un iceberg flottant le long de la côte orientale du Groenland près de Kulusuk, le 15 août 2019

Les ministres américain et russe des Affaires étrangères se rencontrent mercredi en Islande pour jauger le fossé sans précédent qui sépare les deux puissances rivales et confirmer la tenue d'un sommet en juin entre Joe Biden et Vladimir Poutine.

Les déclarations qui ont précédé le face-à-face ne présagent pas vraiment de la "désescalade" que Washington et Moscou disent appeler de leur voeux au moment où leurs relations sont au plus bas depuis la fin de la Guerre froide.

Photo prise le 5 mai 2021 montrant le minstre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov lors d'une conférence de presse à Moscou © Alexander Zemlianichenko Photo prise le 5 mai 2021 montrant le minstre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov lors d'une conférence de presse à Moscou

Alors que le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken a semblé vouloir faire de l'Arctique, nouvel enjeu géopolitique au coeur de la réunion régionale qui les rassemble mercredi et jeudi à Reykjavik, un laboratoire d'une certaine coopération ciblée sur des défis communs comme la lutte contre le réchauffement climatique, son homologue russe Sergueï Lavrov a fait monter la tension avec des propos tonitruants.

IMAGESLe secrétaire d'État américain Antony Blinken arrive en Islande, où il doit rencontrer son homologue russe Sergei Lavrov cette semaine. © Tom LITTLE IMAGESLe secrétaire d'État américain Antony Blinken arrive en Islande, où il doit rencontrer son homologue russe Sergei Lavrov cette semaine.

"Il est clair pour tout le monde depuis longtemps que ce sont nos terres, notre territoire", a-t-il lancé lundi au sujet du Grand Nord, défendant une sorte de pré carré russe et dénonçant notamment les velléités "offensives" des Occidentaux via l'Otan et la Norvège. 

L'"activité militaire" de la Russie dans l'Arctique est "parfaitement légale et légitime", a-t-il plaidé.

Pour Mikaa Mered, professeur à Sciences Po et spécialiste français de l'Arctique, les Russes "font toujours ce petit coup de menton en amont du sommet ministériel, mais ça n'empêche pas le travail du Conseil de se poursuivre sur ses sujets consensuels traditionnels".

Mais la mise en garde russe a inévitablement suscité une réponse d'Antony Blinken, qui a appelé mardi à "éviter une militarisation" de l'Arctique mais aussi ce genre de "déclarations", qui "affaiblissent" l'objectif "d'un avenir pacifique" pour ce vaste territoire aux conditions extrêmes, riche en ressources naturelles, autour du Pôle Nord. 

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