Inde: les élections régionales, un scrutin crucial pour Narendra Modi et son protégé

Le scrutin des prochaines élections régionales est crucial pour Narendra Modi et son protégé Yogi Adityanath, notamment dans la région de l’Uttar Pradesh, bastion du BJP. © Sanjay KANOJIA AFP Le scrutin des prochaines élections régionales est crucial pour Narendra Modi et son protégé Yogi Adityanath, notamment dans la région de l’Uttar Pradesh, bastion du BJP.

En Inde débutent ce jeudi 10 février des élections dans cinq régions. Les projecteurs seront braqués sur l’Uttar Pradesh, dans le nord, le bastion du BJP, parti au pouvoir. C’est là que le Premier ministre jouera sa réélection en 2024. Ce scrutin régional est donc crucial pour lui, mais aussi pour son protégé Yogi Adityanath.

Grand comme le Nigeria, l’Uttar Pradesh est l’État le plus peuplé de l’Inde, avec plus de 200 millions d’habitants. C’est aussi le bastion du parti nationaliste hindou BJP au pouvoir. Le scrutin est particulièrement important pour Yogi Adityanath, plus extrémiste et islamophobe encore que son mentor Narendra Modi. Ce moine qui prêche la haine contre les musulmans part favori.

Pour l’économiste Jean-Joseph Boileau cependant, une surprise n'est pas à exclure : « Yogi Adityanath part favori, mais il avait une victoire électorale massive en 2017, en jouant sur l’effet de surprise, un peu comme Narendra Modi en 2014. Il a eu beaucoup plus de difficultés au fur et à mesure du temps parce que cette division à l’intérieur de l’Uttar Pradesh a créé des remous, des meurtres importants dans des villages. Cette Inde qui est à feu et à sang a eu des répercussions économiques, puisque la situation économique de l’Uttar Pradesh n’est pas bonne du tout, sans oublier des répercussions en termes de mal de vivre. »

Le BJP face à une opposition divisée

Le protégé de Narendra Modi est donc plutôt sur une pente descendante, estime Jean-Joseph Boileau, et la question qui se pose est de savoir s’il aura encore une majorité absolue ou une majorité relative au prochain scrutin.

« Après, à savoir s’il va accentuer son discours et sa politique islamophobe et antireligieuse, puisque les chrétiens sont toujours visés également dans ses discours haineux, ce n’est pas certain, car il y a une société civile, notamment dans le sud de l’île. Et c’est là que la résistance est la plus forte. Si le BJP arrive encore à rester au pouvoir, c’est plus parce que l’opposition est totalement divisée que parce qu’il est en pleine ascension. »

À écouter : Inde : élections en Uttar Pradesh, le laboratoire du nationalisme hindou en difficulté

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