Sur la question du transport

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Le transport constitue l’un des indicateurs les plus fiables et crédibles pour mesurer le développement d’un pays et d’une économie. C’est le service que l’Etat et bien sûr le secteur privé (selon la nature de l’économie) essayent d’accorder sur ce marché gigantesque, étant donné le nombre impressionnant et les besoins énormes de transport. En Tunisie, c’est un maillon faible, c’est une souffrance indiscutable pour ceux qui n’ont pas la possibilité ou la volonté d’acheter une voiture. Malheureusement, nous vivons dans un pays où le service du transport, dominé en très grande partie par l’Etat, est médiocre. Ceci dans le Grand Tunis bien sûr où le quart de la population du pays vit, mais aussi entre les régions, dans les régions également et quel que soit le mode de transport (train, bus, métro). Quand est-ce que le calvaire des Tunisiens va s’arrêter ? C’est que l’on entend depuis des années les responsables concernés présenter des programmes de modernisation des rails, de la logistique et du matériel, mais en fait ce n’est que de la poudre aux yeux.

Il y a un vrai casse-tête du transport en Tunisie mal soigné depuis des décennies.

C’est que l’Etat n’a pas bien planifié cet encombrement dans le Grand Tunis, et surtout il n’a pas réussi à moderniser à temps l’infrastructure et la logistique du transport pour accompagner les besoins de plus en plus accrus dans ce domaine. Pour espérer relancer la machine économique et améliorer le bien-être des Tunisiens, il faut se mettre dans la tête que le transport est un levier de base dans cette vision qui manque malheureusement du côté des décideurs politiques.

D’aucuns diront que les besoins de financement dans des investissements lourds de transport expliqueraient le retard pris dans certains chantiers comme le renouvellement des rames du TGM ou le métro de Sfax. Il s’agit d’un faux argument, c’est même un faux calcul car toute dépense investie dans le transport est un gain économique pour demain. Ce n’est pas une perte, que ce soit pour les individus ou pour les entreprises.

Il est temps que l’on mette fin à cette tragédie dont souffrent les Tunisiens en essayant de se déplacer. On est arrivé à une telle « médiocrité » de service en transport (fréquence, assiduité, conditions, et coûts) que les choses tournent au ridicule. Tout le monde se plaint du transport, donc c’est au ministre du Transport et son équipe, ainsi qu’aux sociétés de transport déficitaires et mal gouvernées, de réagir et de reprendre un certain label de qualité. On ne peut plus continuer ainsi.

Et l’une des idées efficaces est d’ouvrir plus la porte à des entreprises privées pour gérer et offrir des services de transport de qualité et créer des postes d’emploi. A quoi rime ce monopole ( ou quasi-monopole) affreux des sociétés publiques qui n’ont plus les moyens de répondre aux attentes des Tunisiens pour un transport digne et efficace ? On attend toujours une prise en charge plus sérieuses de ce chantier qu’est le transport.

Sur la question du transport