ils ont dit

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Jaber Ben Attouch, président de la Fédération: tunisienne des agences de voyages et de tourisme (Ftav)

« La reprise sera prometteuse après la levée des restrictions de voyage liées à la crise sanitaire planétaire sans précédent. Les dernières prévisions montrent que le nombre des touristes dans la région méditerranéenne est estimé, pour la saison 2022-2023, à 250 millions, mais quelle sera la part de la Tunisie ? Plusieurs efforts doivent être déployés pour attirer les touristes, surtout que la Tunisie doit tabler sur un nombre de 5 millions de touristes cette année. Il est important de lever les restrictions de voyage liées au transport aérien. Je vois que les décisions du comité scientifique sont assez floues et n’attirent pas les grandes agences de voyages. Les restrictions doivent être levées, d’ici à 31 décembre 2022, pour que le tourisme tunisien reprenne son souffle et soit, de nouveau, un pivot de l’économie tunisienne. La Tunisie peut attirer entre un million 800 mille et 3 millions de touristes du marché européen, mais cela demande la prise de mesures décisives par la part de l’Etat. J’estime que le tourisme peut sauver l’Etat tunisien. Mais si l’Etat ne soutient pas ce secteur, et ne fait aucun effort, ce dernier ira vers une faillite certaine. Pour sa part, le tourisme intérieur représente entre 22 et 27% du volume du tourisme en Tunisie. Il était d’une grande aide durant la crise pandémique, et c’est grâce au tourisme intérieur que le secteur a pu survivre. Il faut restructurer le tourisme intérieur, dans la mesure où il représente une bouffée d’oxygène pour le secteur. Pendant les périodes de vacances, les Tunisiens n’hésitent pas et passent leurs congés dans les hôtels et cela représente un atout majeur pour les professionnels ».

Aslan Ben Rjab, avocat d’affaires et membre: de la Chambre tuniso-italienne du commerce

et de l’industrie (Ctici)

« Notre cadre juridique relatif au régime des concessions et au partenariat entre les secteurs privé et public, qui combine le système d’engagement et de marchés publics ainsi que ses textes d’application, est l’un des meilleurs cadres juridiques dans le monde. La loi de finances 2022 a renforcé ce cadre juridique à travers la création d’un fonds d’appui au partenariat public-privé. La création de ce fonds vise à financer des études et accompagner l’Etat dans ces projets en PPP. Ce Fonds sera financé par la Caisse nationale des dépôts et consignations, en plus des dons étrangers. Ce Fonds sera d’un grand apport s’il est utilisé convenablement. Certains projets peuvent être menés en PPP ; tels que les projets d’énergie renouvelable et la construction d’autoroute, d’autres pas comme le pont de Bizerte. J’estime que la mise en place d’un bon cadre juridique ne suffit pas. L’instabilité politique, juridique et fiscale, la dégradation de la note souveraine, la corruption, le retard pris dans la transformation digitale et les difficultés d’accès à l’information altèrent le climat des affaires. Les négociations avec les partenaires internationaux exigent que la Tunisie soit un bon négociateur, ce qui n’est pas le cas, dans la mesure où ils nous ont imposé plusieurs points et conditions d’ordre, juridique, social et vital dans le cadre de ces accords. La Tunisie est toujours la partie faible quand il s’agit de conclure des accords avec le Fonds monétaire international et l’Union européenne ».

Ridha Chkoundali, universitaire et expert: économique

« La Banque mondiale envisage d’élaborer un nouveau rapport après le scandale « Doing Business », suspendu au mois de septembre 2021. La nouvelle version du rapport de la BM prendra en considération les données quantitatives, la numérisation et l’environnement. Le nouveau rapport se focalise sur le même thème de création d’entreprises, de raccordement à l’eau et à l’électricité, outre la qualité des services financiers et plusieurs autres thèmes. La BM n’a pas encore révélé la méthodologie de préparation de ce rapport. Les industries, qui se basent sur les technologies numériques et la durabilité écologique, sont des industries à haute valeur ajoutée, qui exigent la révision du modèle économique et la prise en considération de la main-d’œuvre compétente et des diplômés de l’enseignement supérieur. Le modèle de développement économique tunisien n’a pas changé et les compétences tunisiennes sont au chômage. Les nouveaux critères retenus par la Banque mondiale vont profiter aux pays qui se sont investis dans ces industries. Le classement de la Tunisie va régresser à la lumière de ces nouveaux critères et vu que la Tunisie n’a pas misé sur les technologies numériques et la durabilité écologique. La Banque mondiale prend également en considération un autre critère qui est la numérisation des services administratifs et la gouvernance numérique. La transformation digitale en Tunisie est très lente, et nous sommes à la traîne dans les classements dans ce domaine. Notre administration n’est pas numérique, c’est toujours l’administration des dossiers, de la paperasse et des signatures. Après avoir été au 63e rang en 2019 et au 100e en 2018, en termes de création des entreprises, la Tunisie a été classée 19e en 2020, et ce, grâce aux nouvelles mesures adoptées en la matière et le recours au guichet unique. L’indice de la situation écologique et les politiques mises en œuvre pour la lutte contre la pollution sont très en retard en Tunisie. Sfax et Djerba, par exemple, vivent encore dans une situation lamentable, en termes de pollution et de crise des déchets ».

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