Niger : grève largement suivie dans le secteur éducatif

Une école dans la région de Tillabéry © Alliance Sahel/Aude Rossignol Une école dans la région de Tillabéry

Après presqu’un an d’accalmie, depuis l’élection du président de la République Mohamed Bazoum, le secteur de l’éducation est paralysé par la colère des enseignants.

Aucun des engagements pris par le chef de l’Etat n’aurait été honoré selon Mounkaila Halidou, porte-parole de la dynamique des syndicats du secteur de l’éducation :

"Ces exigences tournent autour des questions de recrutement des enseignants à la fonction publique. Mais aussi et surtout des enseignants recrutés qui n’ont pas eu la mise en solde depuis 2014, qui continuent encore à attendre leur premier salaire aujourd’hui. Nous avons aussi la question qui concerne la fin de la contractualisation annoncée par le président de la République".

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Grève injustifiée

Selon le ministère de l’Education nationale, rien ne justifie cette grève des enseignants. Les syndicats connaissent bien les critères de recrutements à la fonction publique et sur d’autres points, il y aurait eu des avancées.

Achana Hima, directeur des ressources humaines au ministère de l’Education nationale, rappelle qu’il y a des conditions strictes à remplir pour être recruté comme enseignant.

"Personne ne doit être recruté s’il n’a pas été évalué et n’a pas donné satisfaction par rapport à cette évaluation, martèle Achana Hima. Le président de la République suit jour par jour la mise en œuvre des instructions qu’il a données. Et donc il n’est pas question au niveau du ministère qu’on ne puisse pas mettre en œuvre ses instructions."

Inquiétudes des parents d’élèves

Face à la menace des syndicats de durcir le mouvement si jamais ils n’obtiennent pas satisfaction, les parents d’élèves s’inquiètent pour la suite de l’année scolaire. L’association des parents d’élèves espère que les cours ne seront pas perturbés longtemps.

Baba Touré, secrétaire général de l’association des parents d’élèves et étudiants du Niger souhaite "qu’il y ait vraiment la sagesse entre les deux parties pour que les élèves reprennent le chemin de l’école. Eux-mêmes sont des parents d’élèves comme nous. Le temps qu’ils vont mettre pour négocier, s’ils peuvent permettre aux enfants d’aller à l’école, cela sera mieux pour l’éducation nationale".

Pendant que les enseignants sont en grève et les classes fermées, les élèves profitent des cours d’écoles… pour jouer au football.

Auteur: Mahamadou Abdoulkarim

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