Israël : Herzog, Bennett... Qui sont les fossoyeurs de Netanyahou ?

25717_1517082_k2_k1_3506958.jpg © Y. Sindel/AFP 25717_1517082_k2_k1_3506958.jpg

Les nouveaux leaders sont issus du Parlement et ont été ministres et chefs de parti. Mais leurs profils divergent.

Hasard du calendrier, Isaac Herzog, 60 ans, a été élu président de l'Etat hébreu par la Knesset le 2 juin, quelques heures seulement avant la formation du gouvernement qui va mettre fin à l'ère Netanyahou. A sa tête, on devrait trouver Naftali Bennett, 49 ans.

Sur le plan idéologique, les deux hommes sont aux antipodes. Le premier, travailliste, est convaincu de la nécessité de créer un Etat palestinien, alors que le second, religieux nationaliste, y est fermement opposé. Les circonstances et leur tempérament très déterminé font qu'ils devraient pourtant poursuivre le même objectif, celui de la reconstruction du pays.

Naftali Bennett s'est engagé à « mettre fin au chaos, remettre le pays sur les rails et pacifier les relations entre Israël et ses citoyens arabes », et cela deux semaines seulement après que le pays a été secoué par de violentes émeutes entre juifs et Arabes d'Israël. Pour Herzog, onzième président de l'Etat, « il est essentiel de traiter les blessures béantes de notre société et de préserver les piliers de la démocratie ».

Légitimités et profils opposés

Des mots prononcés quelques minutes après avoir été choisi par une majorité écrasante, pour sept ans non renouvelables, à une fonction surtout honorifique et morale. Pour l'ancien ambassadeur d'Israël en France, Avi Pazner, « cet homme, calme, souriant, capable de tendre la main à tout le monde, est exactement ce dont Israël a besoin aujourd'hui ».

A l'inverse, Bennett, lui, est très loin d'avoir une forte légitimité électorale - son parti, Yamina, à droite de l'échiquier, ne compte que six députés. Mais c'est bien lui qui va devoir réconcilier les Israéliens, car sa coalition va de l'extrême gauche à la droite dure. Sans compter que pour la première fois dans l'histoire du pays, un parti arabe, de surcroît islamiste, devrait participer au pouvoir. Une alliance qu'une bonne partie de son électorat ne lui pardonne pas.

Les nouveaux leaders sont issus du Parlement et ont été ministres et chefs de parti. Mais leurs profils divergent. Entrepreneur, Bennett incarne la « start-up nation ». Ses parents, Américains, ont immigré en Israël juste après la guerre des Six-Jours, en 1967. Après avoir fait son service militaire dans une unité combattante, il crée une société informatique. Six ans plus tard, en 2006, il la vend 145 millions de dollars et entame sa carrière politique au côté de Benyamin Netanyahou, alors chef de l'opposition. Avocat, francophone, Herzog est, pour sa part, issu d'une famille arrivée en Palestine dans les années 1930. Il fait partie de « l'aristocratie » israélienne. Son grand-père, Isaac Halevi Herzog, fut grand rabbin d'Israël et son père, président de 1983 à 1993. C'est d'ailleurs la première fois dans l'histoire du pays qu'un fils suit les traces de son père à la plus haute fonction de l'Etat.

Elu président d\'Israël le 2 juin, le travailliste Isaac Herzogest une figure consensuelle de la vie politique.                      Comme son père Chaïm dans les années 1980, il entend pacifier le pays. © Fournis par Challenges Elu président d\'Israël le 2 juin, le travailliste Isaac Herzogest une figure consensuelle de la vie politique. Comme son père Chaïm dans les années 1980, il entend pacifier le pays.  

Elu président d'Israël le 2 juin, le travailliste Isaac Herzogest une figure consensuelle de la vie politique.

Comme son père Chaïm dans les années 1980, il entend pacifier le pays.

(Y. Sindel/Flash 90/Réa)

Catherine Dupeyron (à Jérusalem)

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