Reprise de Bolloré Africa Logistics : pourquoi pas une entreprise africaine ?

Le Groupe Bolloré a consenti à MSC (Mediterranean Shipping Company) une exclusivité jusqu'à fin mars 2022 pour négocier la cession de Bolloré Africa Logistics. © Issouf Sanogo/Getty Images/AFP Le Groupe Bolloré a consenti à MSC (Mediterranean Shipping Company) une exclusivité jusqu'à fin mars 2022 pour négocier la cession de Bolloré Africa Logistics.

C’est sur l'armateur italo-suisse MSC, acteur majeur du transport par conteneurs, que pourrait se porter le choix du Groupe Bolloré pour reprendre sa filière logistique en Afrique.

L'armateur italo-suisse a proposé au groupe français de lui racheter ses activités de logistique en Afrique pour 5,7 milliards d'euros.

MSC a déjà transmis lundi (20.12.2021) une offre d’une valeur de 5,7 milliards d’euros pour acquérir 100 % de Bolloré Africa Logistics.

Le géant italo-suisse est déjà présent dans les ports de Lomé au Togo et de San Pedro en Côte d’Ivoire, à travers sa filiale Terminal Investment Group (TIL).

Pourquoi le choix de MSC ?

"Il y a la dimension grandeur, la dimension surface financière et il y a aussi la dimension surface technique. En termes de compétence, en termes d’expertise, en termes de dimension financière, c’est une entreprise qui est connue mondialement", a expliqué l’économiste guinéen, Mamoudou Touré pour qui, le choix de MSC n’est pas un hasard.

En pleine crise sanitaire, Mamadou Touré estime que la filière logistique est trop stratégique pour que le Groupe Bolloré et les pays concernés puissent la céder à une structure inexpérimentée et en manque de moyens.

"On court moins de risques en confiant des infrastructures aussi importantes que des infrastructures portuaires à des entreprises qui ont pignon sur rue."

Dans les faits, Bolloré Africa Logistics emploie, dans plus de vingt pays en Afrique, plus de 20.000 salariés et exploite des terminaux portuaires, des entrepôts et des concessions ferroviaires.

Et pour le groupe, la filiale réalise un chiffre d'affaires de 2,1 milliards d’euros sur un total de 24,1 milliards.

Manque d’ambition politique

Quand Mamadou Touré parle de manque de compétences et de ressources financières, l’économiste ivoirien Sylvain Kocoin pointe lui d'un manque d’ambition politique.

"Les entreprises existent. Mais le principe c’est comment fait-on la promotion de ces entreprises ? Parce qu'à un moment donné, on est obligé d’avoir recours à l’implication de l’Etat pour donner le coup de pouce qu’il faut. Tout ne se résume pas en termes de moyens financiers", a déclaré Sylvain Kocoin.

En 2013, MSC a investi dans le terminal de Lomé. C’est l’un des plus gros investissements régionaux sur des infrastructures portuaires, réalisé avec le concours de bailleurs de fonds tels que la Banque africaine de développement, Proparco, une filiale de l’Agence françaises de développement, et la banque allemande de développement KFW.

Il y a deux ans, le groupe italo-suisse avait annoncé un autre investissement de près 500 millions d’euros en faveur toujours du port de Lomé.

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