Ukraine : ce que Macron et Poutine ont déclaré à l’issue de leur long entretien

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L’entretien aura duré plus de cinq heures. Emmanuel Macron et Vladimir Poutine ont longuement échangé sur le sujet brûlant de la crise ukrainienne. A l’issue de cette rencontre, le président russe a estimé que certaines des idées de son homologue français Emmanuel Macron pour désamorcer la crise russo-occidentale sur l’Ukraine pouvaient permettre d’avancer.

« Certaines de ses idées, de ses propositions (...) sont possibles pour jeter les bases d’avancées communes », a dit Vladimir Poutine, au cours d’une conférence de presse commune, tout en jugeant prématuré de les exposer publiquement.

Les présidents russe et français se reparleront après la rencontre d’Emmanuel Macron et de son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky à Kiev mardi, selon Vladimir Poutine.

De son côté, Emmanuel Macron a déclaré avoir proposé à Vladimir Poutine de « bâtir des garanties concrètes de sécurité » pour tous les Etats impliqués dans la crise.

« Le président Poutine m’a assuré de sa disponibilité à s’engager dans cette logique et de sa volonté de maintenir la stabilité et l’intégrité territoriale de l’Ukraine », a ajouté le président français évoquant des « termes de convergence » entre la Russie et la France, sans les détailler.

Nouvelles attaques contre l’Otan

Le chef de l’Etat russe a toutefois de nouveau dressé une réquisitoire contre l’Otan, accusée de s’être élargie ces trente dernières années jusqu’à menacer la Russie.

« On essaye de nous calmer avec des assurances comme quoi l’Otan est une organisation pacifique et de défense », a-t-il dit, avant de citer « l’Irak, la Libye, Belgrade » en contre-exemples.

Il a de nouveau dénoncé l’aide militaire à l’Ukraine de la part des Occidentaux.

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Vladimir Poutine a en outre critiqué le refus occidental d’accepter ses principales exigences : la fin de la politique d’élargissement de l’Otan, l’engagement de ne pas déployer d’armes offensives à proximité des frontières russes et le retrait d’infrastructures militaires de l’Alliance sur les frontières de 1997, c’est-à-dire avant que l’organisation n’accueille en son sein d’ex-membres du bloc soviétique.

Le président russe a enfin une nouvelle fois accusé l’Ukraine d’être la seule responsable de l’impasse dans laquelle se trouvent les pourparlers de paix dans le conflit opposant Kiev à des séparatistes prorusses, largement considérés comme parrainés par Moscou.

« Kiev rejette toujours toutes les opportunités d’un rétablissement pacifique de son intégrité territoriale », a dit M. Poutine.

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Il n’a par ailleurs pas jugé que la Russie se comportait de manière belliqueuse, malgré le déploiement de dizaines de milliers de soldats près des frontières ukrainiennes depuis des semaines, laissant craindre aux Occidentaux une nouvelle invasion.

Lundi soir, le président américain Joe Biden a précisé les sanctions possibles contre la Russie, une déclaration faite aux côtés du chancelier allemand Olaf Scholz, ce dernier assurant que Washington et Berlin étaient « absolument unis » sur les sanctions à infliger à Moscou.

« Si la Russie envahit (l’Ukraine), cela veut dire des chars et des troupes qui traversent la frontière de l’Ukraine, encore une fois. Alors il n’y aura plus de Nord Stream 2. Nous y mettrons fin », a dit Joe Biden au sujet de ce gazoduc reliant la Russie à l’Allemagne.

Un règlement politique paralysé

La Russie a déjà annexé une partie de l’Ukraine en 2014, la péninsule de Crimée. Depuis la même année, des séparatistes prorusses, soutenus par Moscou, sont aussi en guerre avec l’armée ukrainienne dans l’est de l’Ukraine, un conflit qui a fait plus de 13 000 morts.

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Un processus de paix, sous médiation franco-allemande, a permis de figer le front, mais un règlement politique est paralysé. Emmanuel Macron veut le relancer. De son côté, la cheffe de la diplomatie allemande a rappelé à Kiev que les Occidentaux infligeraient de lourdes sanctions économiques à la Russie en cas d’offensive, même si cela aura un coût pour l’économie allemande.

Les Etats-Unis, l’Allemagne et le Royaume-Uni ont par ailleurs envoyé des renforts militaires en Europe. Le renseignement américain a assuré que la Russie avait 70 % du dispositif nécessaire à une attaque de grande ampleur de l’Ukraine. Emmanuel Macron a évalué à 125 000 le nombre des militaires déployés aux frontières de l’Ukraine, en Russie et au Bélarus.

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