INTERVIEW - Frank Delay (Génération Hit Machine) : "Le plus difficile, c'est d'exister et d'être dans l'air du temps"

Entre 1994 à 2009, le Hit Machine a accueilli de nombreuses stars. Alors que l'émission va souffler ses 30 bougies, Charly et Lulu se sont réunis pour une grande fête diffusée ce mardi 8 février sur W9 et parmi les invités : Franck Delay, qui était l'un des membres des 2Be3. Il nous raconte.

C'est une grande fête à laquelle vous assisterez le mardi 8 février sur W9. À l'aube des 30 ans du Hit Machine, la chaîne a proposé à Charly et Lulu de revenir sur nos écrans avec les artistes qui ont marqué l'histoire de l'émission. Ainsi, Larusso, Willy Denzey, les L5, Tragédie, ou encore Frank Delay, membre des 2Be3, se sont retrouvés pour une soirée 100% nostalgie placée sous le signe de la joie et de la fête. L'ancien acolyte d'Adel et Filip Nikolik nous en parle !

Gala.fr : On vous retrouve pour la soirée exceptionnelle du Hit Machine, une émission à laquelle vous participez beaucoup avec les 2Be3

. Qu'avez-vous ressenti ?

Frank Delay

: Ce n'était pas le même plateau qu'à l'époque, mais il y avait la même ambiance, les mêmes artistes, les mêmes animateurs... Ça met du baume au coeur, c'est que du bonheur !

Gala.fr : Vous étiez donc un membre des 2Be3. Quel est votre meilleur souvenir avec le groupe ?

Frank Delay

: Y'en a tellement. Signature du premier contrat, les voyages de presse, le premier disque d'or, les premiers concerts, le Musée Grévin, le sitcom sur TF1... Je retiens beaucoup de choses.

Gala.fr : Avez-vous l'impression d'avoir assez profité, ou alors tout a été trop vite ?

Frank Delay

: Sur le moment, j'avais l'impression de profiter, mais dans l'ensemble, j'étais jeune et j'avais besoin de vivre les choses à 100 à l'heure. Aujourd'hui, avec le recul et le fait que je sois plus vieux, oui, je me dis que tout ce qui est arrivé était beaucoup de chance, de rencontres... En fait, on ne se rend pas compte qu'on ne profite pas à 100%.

© Fournis par Gala Les 2Be3, le 3 juin 1999 COADIC GUIREC / BESTIMAGE

Gala.fr : C'est vrai que les 2Be3, c'était un tourbillon !

Frank Delay

: On était dans l'urgence tout le temps, car il y avait de la compétition entre les artistes, les classements,... On était des artistes TV, radio, magazine... On faisait beaucoup de promo. Puis ensuite, les concerts, le sitcom. C'était un rythme de vie particulier. On avait même une secrétaire à nous, car la maison de disques ne pouvait plus gérer.

Gala.fr : Y'a-t-il des matins où, en vous levant, vous ne vouliez plus de ce tourbillon ?

Frank Delay

: Non, car pour nous, ce n'était pas du travail, et d'autant plus que c'était mes potes d'enfance. Après, oui, après le sitcom, on a fait une sorte de burn-out -surtout Filip-, et c'est pour ça qu'on n'a pas continué la série et que nous avons pris des vacances... tous les trois ! Nous étions inséparables !

Gala.fr : Êtes-vous toujours en contact avec Adel

?

Frank Delay

: Oui ! On s'appelle deux fois par mois environ. De temps en temps, je vais le voir chez lui, près de la frontière suisse, et quand il vient voir sa fille à Paris, on essaye de se voir, et d'aller à la salle de gym de Longjumeau qui porte le nom de Filip.

Gala.fr : Tout cela, c'était il y a 25 ans, et vous êtes toujours au coeur de l'actualité, et vous avez marqué plusieurs générations. Ca vous touche ?

Frank Delay

: En tant qu'artiste, ne pas se faire oublier, c'est assez important. Être dans la lumière, voir des gens. Le plus difficile, c'est d'exister et d'être dans l'air du temps. J'essaye d'évoluer, de proposer des trucs, d'exister en tant qu'artiste, ce qui n'est pas évident car il y a du monde et que j'ai un certain âge. Puis il y a aussi cette étiquette malgré tout, qu'elle soit positive ou négative, mais qui est là. Parfois ça m'ouvre des portes, parfois, ça m'en ferme !

Gala.fr : C'est difficile d'exister simplement en tant que Frank, d'être pris au sérieux ?

Frank Delay

: Ca dépend de l'interlocuteur, de ce qu'on connait de moi... J'ai fait des séries, du théâtre, je me construis en tant que comédien, mais ça dépend de qui s'intéresse à moi.

© Fournis par Gala Frank Delay (2be3), Allan Theo, Chris Keller (GSquad) - Les artistes de la pièce de théâtre "Boys Band Forever" dans les backstage de l'Apollo Théâtre à Paris. Le 23 mars 2018 Marc Ausset Lacroix / Bestimage

Gala.fr : Aujourd'hui, on vous retrouve dans la comédie musicale Boys Band Forever et avec le groupe Génération Boys Band, formé avec Allan Théo et Chris Keller.

Frank Delay

: J'ai monté ce groupe en 2015 ! Il y avait une demande, je voulais faire des concerts, et ca fait plaisir aux gens de nous revoir sur scène. C'est que du bonheur !

Gala.fr : On vous voit aussi de temps en temps dans Les mystères de l'amour

.

Frank Delay

: C'est vrai. Jean-Luc Azoulay voulait me voir dans la série, et j'ai mis du temps à accepter, car je voulais plutôt faire du théâtre, et finalement, j'ai accepté. Après, je ne suis pas un récurrent, je tourne une journée par mois. Et je suis aussi en tournée avec Jean-Pascal Lacoste pour la pièce de théâtre Un séjour presque parfait. Ca marche bien, je suis content.

Gala.fr : Enfin, on s'étonne de ne pas vous avoir vu au casting de Danse avec les stars

!

Frank Delay

: J'ai fait le casting trois années de suite. Mais après, c'est les choses financières qui ont fait que ça n'a pas abouti !

Gala.fr : Donc si le cachet proposé est plus élevé, vous accepterez de considérer l'offre ?

Frank Delay

: Exactement ! C'est toujours pareil, la chaîne a une enveloppe pour le budget. Certains prennent une tonne et d'autres rien. Moi, je ne voulais pas rien prendre, car j'estime que c'est du travail, ça prend beaucoup de temps, et le faire juste pour la gloire, ça ne m'intéresse pas, même si le challenge est intéressant. Je me suis mis un tarif, on a essayé d'en discuter, ça n'a pas abouti, ce n'est pas grave !