Ils ont dit...

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Aymen Rayes, analyste financier

«En dépit de l’augmentation du taux de change du dollar américain, le taux de change du dinar est légèrement stable, par rapport à l’euro, et ce, depuis la crise qu’il avait connue en 2018. Une monnaie forte qui s’apprécie régulièrement face aux autres monnaies dépend de deux facteurs principaux : la croissance économique et la politique monétaire. Je précise que la politique monétaire suivie par la Banque centrale de Tunisie est fiable et le taux d’intérêt directeur en est la meilleure preuve. Le glissement annuel du dinar ne doit pas excéder les 5% en attendant la relance de l’économie tunisienne. Il est nécessaire pour nous de booster les exportations. Néanmoins, l’inaptitude de la Tunisie à conclure un accord avec le FMI et les conséquences inhérentes à cet échec sont assez inquiétantes. Il est à rappeler que le FMI recommande la diminution de la masse salariale, la levée des subventions et la restructuration des entreprises publiques pour mieux préserver le dinar tunisien ».

Anis Ben Abdallah, expert-comptable

« Les réserves en devises ont baissé, selon la note de la Banque centrale de Tunisie (BCT) publiée en janvier 2022. Les réserves en devises se sont établies, selon la même source, à 136 jours d’importation, à fin décembre 2021. Ces réserves ont continué leur baisse pour s’établir à 122 jours d’importation en avril 2022, et cette baisse a été prévue par la BCT. Le déficit de la balance commerciale a atteint 40% selon l’Institut National de la Statistique (INS), malgré l’augmentation des exportations. Et pour cause, l’accélération des importations à un rythme plus rapide que celui des exportations, ainsi que l’aggravation du déficit énergétique. Les achats énergétiques ont augmenté de 87,2% au cours du premier trimestre de cette année. Cette hausse des importations est également due à la croissance des achats des matières premières et demi-produits, ainsi que les biens de consommation et d’équipement. Les investissements extérieurs ont baissé, affectant par ricochet les réserves en devises de la Tunisie. Cette situation va s’aggraver davantage si la Tunisie ne parvient pas à conclure un accord avec le FMI, puisqu’elle sera incapable de rembourser ses dettes ou d’importer les matières premières. Il faut améliorer les exportations tunisiennes, s’ouvrir à de nouveaux marchés et inciter à l’investissement à travers la révision du cadre juridique incitatif à l’investissement. Le volet économique doit être la priorité des priorités du gouvernement, d’autant plus que l’inflation poursuit sa tendance haussière. Ce qui aura de lourdes conséquences sur le pouvoir d’achat du citoyen tunisien. Il faut veiller sur la réussite de la saison touristique en mobilisant tous les moyens logistiques et sécuritaires et améliorer la qualité des services touristiques pour garantir une bonne saison et préserver les acquis du secteur ».

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