Opposée à Trump, Liz Cheney bientôt exclue de ses fonctions de direction à la Chambre

Vivement opposée à Donald Trump, notamment depuis l'invasion du Capitole, Liz Cheney devrait perdre ses fonctions de direction au sein du groupe républicain de la Chambre des représentants.

Liz Cheney © Jonathan Ernst / Pool / Reuters Liz Cheney

Entre pro et anti-Trump, le parti républicain a fini par choisir. Mercredi, les élus conservateurs de la Chambre des représentants devraient se prononcer au cours d'un vote pour exclure Liz Cheney de ses fonctions de direction -elle est actuellement numéro 3 du groupe républicain à la Chambre. La conservatrice élue du Wyoming, fille de l'ancien vice-président Dick Cheney, paie ainsi son opposition à Donald Trump, qui garde malgré sa défaite une main mise sur un parti républicain qu'il pourrait détruire s'il décidait de créer une nouvelle formation politique avec ses partisans, en vue des élections de mi-mandat en 2022 et de la présidentielle de 2024. «L'Histoire nous regarde. Nos enfants nous regardent. Nous devons être assez courageux pour défendre les principes de base qui appuient et protègent notre liberté et notre processus démocratique. Je me suis engagée à faire cela, peu importe les conséquences à court terme», a-t-elle écrit la semaine dernière dans un texte publié dans le «Washington Post», sentant le vent tourner pour elle alors qu'elle martelait le rôle de Donald Trump dans l'invasion du Capitole, qui avait perturbé la certification des résultats de l'élection présidentielle.

Depuis des semaines, les patrons des républicains repoussaient toute décision sur le sujet, refusant d'exclure Liz Cheney et les 16 autres élus (à la Chambre et au Sénat) qui avaient voté en faveur de la mise en accusation puis de la condamnation de Donald Trump pour «incitation à l'insurrection» après l'invasion du Capitole, le 6 janvier dernier, par certains de ses partisans convaincus d'un complot ayant entraîné sa défaite. Kevin McCarthy, le leader des républicains à la Chambre, avait trouvé un fragile statu quo entre les deux factions du parti, refusant de sanctionner dans le même temps Marjorie Taylor Greene, élue de Géorgie farouchement pro-Trump, embourbée dans un scandale après de nouvelles révélations sur ses sorties complotistes, notamment à propos de la fusillade au sein du lycée de Parkland, en Floride.

Mar-a-Lago, lieu pour des levées de fonds républicaines

Les fonctions de direction jusqu'à présent occupées par Liz Cheney devraient revenir, sans surprise, à l'élue new-yorkaise Elise Stefanik, qui a obtenu le soutien de Donald Trump, qui l'a qualifiée de «communicante douée» sur une page de son site officiel sur laquelle il publie des messages à l'image des tweets dont il est privé depuis janvier. «Elle sait gagner, ce qui est ce dont nous avons besoin!», a ajouté celui qui a perdu la majorité à la Chambre et au Sénat durant son mandat. Selon le «Washington Post», Donald Trump occupe ses journées post-présidence de la même façon que ses dernières semaines à la Maison-Blanche : à maugréer contre le résultat de l'élection, soutenant un étrange recompte des bulletins en Arizona, et à fomenter sa vengeance contre les républicains qui ont osé voter contre lui lors de la procédure de mise en accusation puis son procès en destitution.

Il profite de sa popularité auprès de l'électorat républicain et cultive ses liens avec certains élus et candidats, qui ont été nombreux à lui rendre visite à Mar-a-Lago. Marco Rubio (sénateur de Floride), Rand Paul (sénateur du Kentucky) et Sarah Sanders (son ancienne porte-parole de la Maison-Blanche candidate au poste de gouverneure de l'Arkansas) y ont tous trois organisé une levée de fonds.

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