Ghana: le changement climatique transformé en musique pour mieux sensibiliser

Une vue de la ville d'Accra au Ghana. (Photo d'illustration) © Getty Images - ruffraido Une vue de la ville d'Accra au Ghana. (Photo d'illustration)

Si le changement climatique pouvait se traduire en musique comment sonnerait-elle ? C'est l'expérience qu'a menée le programme Future climate for Africa. Une équipe de scientifiques et de musiciens, du Centre africain d'applications météorologiques pour le développement au Ghana et de l'université de Leeds en Angleterre, ont récupéré des données météo dans deux villes africaines : Kumasi au Ghana et Niamey au Niger. Ces données datent de 1997 à nos jours et un programme mathématique permet réaliser des projections sur l'évolution du changement climatique jusqu'en 2097. Un siècle de variables climatiques mises ensuite en musique pour permettre une prise de conscience.

Ce morceau de musique de 3 minutes 30 représente 100 ans de changement climatique à Kumasi dans le sud du Ghana. Le procédé scientifique s'appelle la sonification : la transformation de données en sons.

« L’une des premières sonifications sur laquelle nous avons travaillé était le bruit de la pluie qui s’est traduit par des percussions, raconte Martin Parker, mathématicien à l'université de Leeds et musicien. Cela ressemblait à des gouttes de pluie tombant sur un toit. Un bon exemple pour comprendre, c’est le moniteur pour les fréquences cardiaques. Il est beaucoup plus facile de comprendre la vitesse à laquelle bat le cœur, quand vous entendez le son, plutôt que de regarder un graphique. Et puis la musique peut aussi communiquer des émotions ; ce qui est important pour communiquer des données sur le changement climatique, parce que cela va avoir un impact direct sur tout le monde. »

Radios communautaires

Avec ce projet, l'équipe de scientifiques espère permettre une prise de conscience générale, car la musique parle à tout le monde. « La musique touche des gens bien plus que la science, surtout si vous voulez atteindre les milieux ruraux, explique Benjamin Lamptey, directeur du Centre africain des applications météorologiques pour le développement à Accra. Pour cela, à Niamey, nous utilisons les nombreuses radios communautaires qui sont très efficaces pour communiquer. C’est plus simple pour faire passer des informations aux agriculteurs qui ne sont pas habitués aux vocabulaires, aux cartes ou aux graphiques que nous utilisons. »

Pour ce morceau qui représente le changement climatique à Niamey, quatre variables ont été prises en compte : la température, l'humidité, la force du vent et la pluviométrie.   

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