Dans les rues ivoiriennes, on se préoccupe moins du dialogue politique que des difficultés quotidiennes

Coût de la vie, système éducatif et circulation routière font partie des préoccupations quotidiennes des Ivoiriens à Abidjan et ailleurs © SIA KAMBOU/AFP/Getty Images Coût de la vie, système éducatif et circulation routière font partie des préoccupations quotidiennes des Ivoiriens à Abidjan et ailleurs

Le dialogue politique a sans-doute pour objectif de trouver un consensus politique sur les questions politiques, sociales et économiques qui fâchent. Avec en ligne de mire les élections locales de 2023.

Mais avec ce genre de rencontres sans fin, les Ivoiriens préoccupés par les réalités de leur quotidien que sont la cherté de la vie, les dérives dans le système éducatif et les nombreux accidents de la circulation qui font des victimes, commencent à perdre confiance en leurs acteurs politiques.

"Après dix ans de crise socio-politique en Côte d'Ivoire, qui a mise à terre, il faut le reconnaître, la cohésion est affectée, la réconciliation nationale en réalité n'a pas vraiment pris son envol", estime cet Abidjanais."Donc tous ces problèmes-là sont liés justement à nos hommes politiques." Et un compatriote de renchérir : "Quand un acteur majeur de la crise qu'on vient de traverser est encore à l'extérieur et qu'on a encore un certain nombre de réfugiés à l'extérieur qu'on nous parle de dialogue politique relancé, moi je ne vois pas où est ce qu'on va avec ça."

Un dialogue qui ne sert à rien ?

Aujourd'hui, nombreux sont les Ivoiriens qui s'interrogent pour savoir si le dialogue politique en Côte d'Ivoire est un remède efficace quant à la résolution des problèmes nationaux.

Car pour ces Ivoiriens, le dialogue politique de 2020 n'a pas pu empêcher la crise électorale de la même année qui a fait plus de quatre-vingt morts. Ces Ivoiriens n'aspirent qu'à une seule chose : la paix. "Je pense que nous devons toujours commencer par la paix et terminer par la paix. Le peuple a besoin de paix. Le peuple a besoin de tranquillité."

Un dialogue avec des absents

Ceux, parmi les Ivoiriens, qui croient que tout est encore possible dans ce pays, sont quelque peu déçus de la mise à l'écart de certains acteurs importants de la vie politique et importants pour la réconciliation.

Pulchérie Edith Gbalet, président d'Alternative Citoyenne Ivoirienne explique qu'il n'est pas trop tard pour rattraper les choses afin de rendre ce dialogue inclusif et sincère.

"La logique aurait voulu que ce dialogue soit inclusif, c'est-à-dire qu'ils prennent en compte tous les acteurs qui comptent au niveau national et particulièrement tous ceux qui sont investis de façon visible sur la question de la paix et de la réconciliation. Malheureusement plusieurs acteurs importants n'ont pas été invités et permettre à la Côte d'Ivoire de retrouver enfin une paix réelle, une paix véritable à travers un dialogue franc et sincère."

Il nous a été difficile, dans le cadre de ce reportage, de faire parler les gens. Comme si, tous sont déçus des politiques, qui les ont abandonnés à leurs tristes réalités quotidiennes.

Auteur: Julien Adayé

Dans les rues ivoiriennes, on se préoccupe moins du dialogue politique que des difficultés quotidiennes