Le gouvernement Biden critique «fermement» Israël pour l’extension d’une colonie en Cisjordanie

Un drapeau israélien sur un mur de la colonie de Migdalim, à proximité de la ville palestinienne de Nablus, le 25 octobre. © Ariel Schalit Un drapeau israélien sur un mur de la colonie de Migdalim, à proximité de la ville palestinienne de Nablus, le 25 octobre.

C’est la position la plus ferme prise par les Etats-Unis à l’égard de la colonisation israélienne de l’ère Biden. Les Etats-Unis ont pour la première fois haussé clairement le ton face à Israël sur la colonisation, en critiquant «fermement» l’annonce de la construction de plus de 1 000 nouveaux logements en Cisjordanie occupée. «Nous sommes profondément préoccupés par le projet du gouvernement israélien», a déclaré le porte-parole de la diplomatie américaine Ned Price devant la presse.

«Nous nous opposons fermement à l’extension des colonies, qui est totalement contraire aux efforts pour faire baisser les tensions et garantir le calme, et qui nuit aux perspectives de solution à deux Etats» israélien et palestinien, a-t-il ajouté. L’Etat hébreu a annoncé dimanche la construction prévue de 1 355 nouveaux logements dans des colonies juives de Cisjordanie, territoire occupé par Israël depuis 1967, une décision dénoncée par les Palestiniens.

Ces nouveaux logements doivent s’ajouter aux quelque 2 000 annoncés en août par les autorités et qui devaient obtenir cette semaine un feu vert définitif du ministère de la Défense. «Le renforcement de la présence juive (en Cisjordanie) est essentiel dans la vision sioniste», avait justifié le ministre de la Construction Zeev Elkin, membre du parti de droite Nouvel Espoir, qui fait partie de la coalition gouvernementale dirigée par Naftali Bennett. «Nous estimons aussi que tout effort visant à légaliser rétroactivement des colonies illégales est inacceptable», a encore réagi Ned Price à Washington, assurant que de hauts responsables américains avaient fait part de ces positions «directement» à leurs homologues israéliens rompant ainsi clairement avec l’ère Trump.

Durant sa présidence, l’ancienne star de téléréalité, avait, en effet, multiplié les gestes à l’égard d’Israël et de son Premier ministre de l’époque, son «ami» Benjamin Netanyahu. Son secrétaire d’Etat Mike Pompeo avait même modifié en 2019 la doctrine américaine, affirmant que Washington ne jugeait plus les colonies comme contraires au droit international, une décision célébrée par Israël mais fortement dénoncée par les Palestiniens. La colonisation israélienne avait ainsi connu un vif essor, sous l’impulsion de «Bibi» Netanyahu, pendant l’ère Trump.

Le gouvernement Biden, officiellement opposé à la colonisation, s’était montré prudent ces derniers mois, se bornant la plupart du temps à appeler Israël et les Palestiniens à s’abstenir de toute mesure «unilatérale» susceptible d’attiser les tensions, y compris en matière de colonisation. L’équipe démocrate semble désormais se rapprocher de la position de l’ex-président Barack Obama qui, à la fin de son mandat en 2016, avait permis l’adoption d’une résolution historique de l’ONU condamnant les colonies israéliennes, considérées par une grande partie de la communauté internationale comme un obstacle majeur à la paix.

Le gouvernement Biden critique «fermement» Israël pour l’extension d’une colonie en Cisjordanie