«Mar Verde» en Guinée: Ana Maria Cabral, veuve du leader indépendantiste bissau-guinéen témoigne

Amilcar Cabral, le fondateur du Parti africain pour l'indépendance de la Guinée et du Cap Vert (PAIGC), le 22 octobre 1971. Amilcar Cabral a été assassiné le 20 janvier 1973. © LEHTIKUVA / AFP Amilcar Cabral, le fondateur du Parti africain pour l'indépendance de la Guinée et du Cap Vert (PAIGC), le 22 octobre 1971. Amilcar Cabral a été assassiné le 20 janvier 1973.

C'est un document exclusif obtenu par RFI. Cinquante ans après la tentative de neutralisation de la rébellion bissau-guinéenne par le régime colonial portugais, la rédaction Afrique lusophone de RFI a pu s'entretenir avec Ana Maria Cabral, témoin de l'opération « Mar Verde », à Conakry, en Guinée.

Le 22 novembre 1970, un commando formé de militaires portugais et d'opposants guinéens débarque à Conakry, en Guinée. Leur mission : faire tomber le régime de Sékou Touré mais aussi s'attaquer aux forces rebelles bissau-guinéennes du PAIGC, installées à Conakry et les éliminer.

Des objectifs qui ne seront pas remplis, Sékou Touré étant introuvable et Amilcar Cabral, leader du groupe rebelle bissau-guinéen PAIGC, ne se trouvant pas à Conakry.

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Ana Maria Cabral, veuve du leader indépendantiste Bissau-guinéen, Amilcar Cabral, présente à Conakry au moment de l’attaque contre la délégation du PAIGC, revient sur cet événement, au micro de Miguel Martins.

« Nous avons évité la mort de justesse. Nous étions en train de dormir et j’ai été réveillée par ce bruit. Je suis allée réveiller mes enfants. Notre maison avait été visée par un tir d’obus qui avait atterri dans notre salle de bains. Toute la maison a tremblé. J’ai à peine eu le temps d’appeler les gardes qui sont arrivés et m’ont dit « sors, sors, sors »

« Nous nous sommes enfuis et nous sommes refugiés dans la forêt jusqu’au petit matin. Comme l’ambassade du Vietnam n’était pas loin, certains camarades y ont trouvé refuge, mais comme à l’époque l’Union Soviétique existait encore, et qu’elle avait une énorme ambassade que l’on appelait le « petit Moscou », nous avons fini par nous y réfugier, parce que les vietnamiens avaient des installations très simples. Ils n’avaient pas la possibilité de nous recevoir. Notre maison a subi beaucoup de destruction. »

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