Élections au Chili: un scrutin qui s’annonce indécis mais crucial pour le pays

Officiers de l'armée parlant à l'intérieur d'un stade de Santiago qui servira de bureau de vote pour les élections générales de ce dimanche au Chili. © AP Photo/Esteban Felix Officiers de l'armée parlant à l'intérieur d'un stade de Santiago qui servira de bureau de vote pour les élections générales de ce dimanche au Chili.

Au Chili, ce sont les élections présidentielle et législatives les plus importantes depuis près de trente ans. Quinze millions d'électeurs sont appelés aux urnes pour renouveler le Congrès et décider qui remplacera le très impopulaire président de droite Sebastian Piñera à la tête du pays. Un jeune candidat de gauche, Gabriel Boric, et un candidat d'extrême droite, José Antonio Kast, sont donnés favoris pour l'instant, mais le résultat du vote s'annonce d'ores et déjà très incertain. 

De notre correspondante à SantiagoJustine Fontaine

Dans le centre-ville de Santiago, on croisait encore hier beaucoup d'indécis, comme Miguel Angel, 46 ans : « Je sais simplement que je ne voterai pas pour Kast ».

José Antonio Kast, le candidat d'extrême droite, est néanmoins donné comme l'un des favoris par les médias chiliens. C'est justement lui qui convainc le plus Ximena, une commerçante de 54 ans, par son discours sur l'insécurité et l'immigration. Elle voit d'un mauvais œil les manifestations contre les inégalités lancées il y a deux ans : « Tant que c'était pacifique et ordonné ça allait pour moi, mais ensuite, c'était du vandalisme, c'était hors de contrôle ». Mais ce serait une grande surprise s'il se qualifiait pour le second tour, deux ans seulement après les grandes manifestations de 2019 qui remettaient en cause l'héritage du régime de Pinochet.

Promulguer la Constitution

Les revendications du mouvement social concernant les retraites, la santé ou encore l'éducation sont tout de même bien présentes dans la campagne. C'est pour réduire les inégalités dans ces domaines, qu'Alejandro votera pour l'ancien leader étudiant de gauche Gabriel Boric, favori du premier tour. Ces élections sont très importantes selon lui.« Le président que nous allons élire devra promulguer la Constitution que nous sommes en train d'écrire en ce moment. Ce sera donc un président de transition », dit-il. Parmi les autres prétendants, il y a également deux candidats modérés : Sebastián Sichel, qui est soutenu par la coalition de droite au pouvoir. Et puis Yasna Provoste, la candidate démocrate chrétienne, soutenue elle par les partis traditionnels de centre-gauche.

Tâche difficile

Quel que soit le résultat, le futur président aura la tâche difficile, face à une situation économique délicate, et à des demandes sociales très fortes. On vote également ce dimanche pour renouveler la chambre des députés et la moitié du sénat. Près de la moitié des électeurs pourraient bouder les urnes, à l'image des dernières élections qui ont eu lieu dans ce pays.

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