Les critiquent fusent de toutes parts

Recrutement des enseignants Khalid DarfafAlors que Chakib Benmoussa, ministre de l’Éducation nationale, du préscolaire et des sports, semble camper sur ses positions, les critiques fusent de toutes parts contre sa décision fixant l’âge minimum à 30 ans pour pouvoir passer le concours de recrutement des enseignants et des cadres administratifs de l’enseignement. Il faut dire que certains observateurs se sont même interrogés sur les véritables visées de cette « mesure

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Recrutement des enseignants

Khalid Darfaf

Alors que Chakib Benmoussa, ministre de l’Éducation nationale, du préscolaire et des sports, semble camper sur ses positions, les critiques fusent de toutes parts contre sa décision fixant l’âge minimum à 30 ans pour pouvoir passer le concours de recrutement des enseignants et des cadres administratifs de l’enseignement. Il faut dire que certains observateurs se sont même interrogés sur les véritables visées de cette « mesure paramétrique », qui, selon eux, prévoit l’anticipation d’une crise des caisses de retraites. Comme quoi, l’âge n’a jamais été considérée comme une variable déterminante pour mesurer la compétence ou encore l’amélioration de la qualité d’apprentissage.

Dans l’enceinte parlementaire, l’ensemble des composantes de l’opposition ont été unanimes à déclarer inconstitutionnelle la décision de Chakib Benmoussa. C’est dans ce sens que Rachid Hamouni, président du Groupe parlementaire du progrès et du socialisme (GPPS), a considéré dans une question écrite adressée au chef du département de tutelle que sa décision constitue une injustice voire une de marginalisation d’une large catégorie des chômeurs et chômeuses diplômés.

Le député du PPS a, en outre, insisté sur le fait que cette mesure est une violation flagrante de la Constitution et les lois organiques en vigueur portant sur la fonction publique, arrêtant à 45 ans, comme âge maximum pour accéder à la fonction publique. A cet égard, le militant du parti du Livre a souligné que les concours ayant eu lieu entre 2017 et 2021, se sont déroulés dans le respect total du principe d’égalité des chances et ont permis le recrutement de plus de 100 mille enseignantes et enseignantes.

Même son de cloche chez l’Union syndicale des fonctionnaires, affiliée à l’Union marocaine du travail (UMT), qui a appelé le gouvernement à retirer sa décision, tout en en la jugeant « « injuste, discriminatoire et régressive, et qui ne fait qu’aggraver encore la crise… » Le syndicat a estimé que le but escompté en mettant en place ces conditions injustes est celui de créer la division parmi la catégorie des jeunes et ce en raison du facteur d’âge. Il va sans dire que « cette décision n’est que l’expression d’une tentative du ministère d’échapper à la résolution des véritables problèmes que connait le secteur de l’éducation », a affirmé le syndicat.

De son côté, la coordination nationale des enseignants contractuels, a jugé que les nouvelles conditions de recrutement vise à détourner le débat sur leur situation tout en exprimant leur rejet catégorique de la décision du ministère, apprend-on dans un communiqué rendu public. La même source a ainsi appelé à poursuivre le combat pour la défense de l’école publique et garantir le droit d’accès à la fonction publique via l’intégration des enseignants et cadres contractuels. Abondant dans le même ordre d’idées, le communiqué met l’accent sur le fait que la promotion du système éducatif passe, avant tout, par l’amélioration de la pédagogie et des programmes scolaires, la création des laboratoires de recherche scientifique et la motivation des enseignants.

Les critiquent fusent de toutes parts