Michel Ocelot : «La normalité est que le cinéma d’animation permette de s’intéresser à tout» [Interview]

Connu pour ses chefs-d’œuvre «Princes et princesses», «Azur et Asmar» et la série de films «Kirikou», le réalisateur français Michel Ocelot a réservé l’exclusivité internationale des images de son prochain projet à la vingtième édition du Festival international du cinéma d’animation de Meknès (FICAM). Au cours d’un échange intimiste, samedi, il a rappelé le rôle des créateurs à rapprocher les univers dans leur diversité.

Vous avez présenté, en avant-première mondiale à cette édition anniversaire du FICAM, des extraits de votre prochain projet d’animation sur lequel vous travaillez. De quoi s’agit-il ?

Je sortais d’un long-métrage qui était dur à faire et dont le sujet était très difficile. Il parlait des horreurs que des hommes font aux femmes et aux filles. Une fois ce projet terminé, j’ai tourné la page et j’ai voulu travailler sur quelque chose de plus léger. Après avoir fait une sorte d’opéra, l’idée est de revenir à la chansonnette, avec des films courts. J’ai beaucoup de petites histoires toutes prêtes, j’ai eu envie de faire du neuf. L’une des histoires est venue avec un projet pour lequel j’ai été contacté par le Musée du Louvre. J’ai pensé que je ne pouvais pas faire grand-chose avec cette structure, mais j’ai entendu parler d’une exposition en préparation sur des Pharaons noirs, qui ont régné à un certain moment sur l’Egypte. Cela m’a beaucoup inspiré et j’ai proposé une histoire. L’institution m’a donné son accord pour participer financièrement et aussi avec les égyptologues pour me guider.

L’autre histoire part d’éléments que j’avais remarqués dans un conte facile à traiter et que j’ai suivis de près, mais pas pour reprendre littéralement ce que ça raconte. La troisième est une fantaisie qui se passe à Istanbul, où l’on retrouve des costumes et des décors fantaisistes. C’est très coloré et il se passe beaucoup de choses. Voilà les trois films que je vais bientôt offrir au public, sous le nom de «Les Pharaons, le sauvage et la princesse».

Vous avez fait beaucoup de repérages pour ce projet, notamment au Maroc dont on reconnaît des décors à Marrakech. Vous êtes un fidèle du FICAM aussi, alors que vous vous rendez rarement aux festivals internationaux. Que vous inspire ce pays ?

Le directeur artistique de ce beau festival, Mohamed Beyoud, et moi-même sommes liés d’une belle amitié, d’autant que j’ai vécu le développement du FICAM dès le début. Le Maroc a un charme saisissant, une beauté particulière et un climat que j’apprécie beaucoup. J’ai conçu les films présentés en Lorraine, dans le nord-est de la France, où il fait plutôt froid. Ça fait tellement de bien de me retrouver à Meknès !

Azur et Asmar (2006), un film de Michel Ocelot

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