Soudan: une femme membre du Conseil souverain démissionne

(illustration) Graffiti vantant la révolution soudanaise dans les rues de Khartoum. © RFI/Alexandra Brangeon (illustration) Graffiti vantant la révolution soudanaise dans les rues de Khartoum.

Au Soudan, l’une des deux femmes membres du Conseil souverain -l’organe qui mène la transition  dans le pays- a démissionné. Aisha Moussa El Saeed dénonce la mise à l’écart des civils au sein des institutions. 

Le conseil souverain du Soudan, composé de 14 membres - civils et militaires - est dirigé par le général général Abdel Fattah al-Burhan. Ses membres ont prêté serment en août 2019.

Aisha Moussa Saeed, professeur d'anglais et militante, a été parmi les plus critiques à l'égard du régime militaire conduit par le général al-Burhan. Lors d’une conférence de presse ce weekend, elle dit avoir remis sa démission après le décès de deux manifestants, le 11 mai dernier, il y a dix jours… Ils commémoraient la dispersion sanglante d’un rassemblement qui avait mené à la chute de l’ex-président Omar el-Béchir il y a deux ans. La répression a également fait une trentaine de blessés. Le Premier ministre soudanais Abdalla Hamdok a dénoncé la répression de ce rassemblement.

« Nous avons cru moi et mes collègues pouvoir redresser la situation et refermer les blessures profondes d’un peuple épuisé ; pouvoir régler les différences entre les partis et pouvoir continuer à réclamer sincèrement le changement.

Mais nous ne pouvons plus ignorer le fait que l’on ne tient pas compte de nos avis et que l’on viole nos prérogatives. A tous les niveaux du pouvoir – notre présence en tant que civil a été réduite à être de simple exécutant.

Nous ne participons pas à la prise de décision et nous ne faisons qu’appliquer des décisions qui ont déjà été prises à l’avance. »

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Aisha Musa regrette que l’enquête dans la dispersion de ce sit in (du 11 mai 2019) n’ait pas été finalisée : 130 manifestants sont décédés lors de ces violences selon les organisations des droits de l’homme. Et le général Hemeti, numéro deux de la transition, est mis en cause dans la répression

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