Tyrannie du commun ou histoire d’une colère!

Conférence-débat à Aït MelloulSaoudi El AmalkiLa Faculté des langues, des arts et des sciences humaines-pôle universitaire de Aït Melloul que dirige si brillamment un doyen de haute qualité, Abdelkhalk Jayed, vient d’avoir le mérite de convier Dr Hassan Wahbi, chercheur de littérature à la faculté des lettres et sciences humaines relevant de l’université Ibn Zohr d’Agadir, à donner une conférence sur l’œuvre «Tyrannie du commun» parue, il y a trois ans, mais demeure

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Conférence-débat à Aït Melloul

Saoudi El Amalki

La Faculté des langues, des arts et des sciences humaines-pôle universitaire de Aït Melloul que dirige si brillamment un doyen de haute qualité, Abdelkhalk Jayed, vient d’avoir le mérite de convier Dr Hassan Wahbi, chercheur de littérature à la faculté des lettres et sciences humaines relevant de l’université Ibn Zohr d’Agadir, à donner une conférence sur l’œuvre «Tyrannie du commun» parue, il y a trois ans, mais demeure toujours une référence de la pensée sur les conduites sociétales.

En fait, c’est toujours un plaisir de monter à bord de la cavalcade de l’auteur également de l’ouvrage «Propos intempestifs sur la société», de par la finesse de l’analyse, empreinte de gravité et d’humour, et surtout d’intensité et de profondeur du message qu’il imprègne à son discours. D’emblée, il faisait part à l’assistance qui prenait d’assaut une salle archicomble, de sa révolte de constater la puissance des évidences à laquelle se soumet une société, victime de l’asservissement et du conformisme.

Sa colère monte d’un cran de relever des paradoxes sociaux auxquels il va falloir riposter en ayant la faculté de l’autonomie du regard et de quête des sens devant les complexités. «Il faudrait parler bas pour qu’on vous entende», comme disait Nietzsche, afin de ne pas être otage des héritages ou de tomber dans la contradiction entre de ce qu’on dit et de ce qu’on est. En d’autres termes, l’intervenant met en garde de ce qu’on peut appeler l’orthodoxie sociale ou encore le formalisme de conduite, tout en allant passionnément vers la qualité des êtres.

«Pour qu’une chose soit intéressante, il suffit de la regarder longtemps», tonnait Flaubert ou encore Goethe quand il invitait à épouser ce triptyque à savoir «Faus ce que tu dois faire, même si ce n’est rien de tonitruant : respire, observe et méditer». Tout au long de sa communication, le conférencier se dit allergique de ce qu’il appelle la force de la fatalité ou le pouvoir de l’institution exercés manifestement sur l’attitude de la société. Pour se détacher de la dualité du partage et de la distance, il importe d’être à la fois dans la vie et s’en éloigner ce qu’on peut expliquer de «fidélité de l’infidèle !», comme disait Valérie.

Dans le même ordre d’idées, l’orateur pense aussi que «la société marocaine est un spectacle adverse» où il met en illustration une ribambelle de positions et de manifestations dans la rue, le café, la mosquée, l’université…

A cet égard, il citera les cas du nouveau modèle de développement en cours d’exécution qu’il trouvera judicieux et celui du système Bachelor dont le contenu semble porteur mais, sans doute en fracture avec la réalité vécue. En guise de conclusion, il ne manquait pas de finir sur des notes plutôt positives en l’occurrence l’humilité politique et la subjectivité épanouie, exactement tel que fut cette conférence sublime en raisonnement et en raffinement d’une sommité de grande valeur en matière de savoir avéré et d’expression ruisselante.

Tyrannie du commun ou histoire d’une colère!