Somalie: les appels au dialogue entre le Premier ministre et le président se multiplient

Les relations s'enveniment entre le président Farmajo et son Premier ministre. La communauté internationale appelle au calme et au dialogue. © AFP Les relations s'enveniment entre le président Farmajo et son Premier ministre. La communauté internationale appelle au calme et au dialogue.

Situation toujours aussi tendue en Somalie en ce début d’année entre le Premier ministre Mohamed Hussein Roble et le président Farmajo. Face à ces tensions, la communauté internationale multiplie les appels au dialogue.

Avec notre correspondante à Nairobi, Albane Thirouard

Le conflit entre le président somalien et son premier ministre continue. Il y a une semaine le président Farmajo a tenté de suspendre son Premier ministre, Mohamed Hussein Roble, citant des allégations de corruption. Ce dernier a répondu en l’accusant de vouloir accaparer le pouvoir. Les deux hommes se livrent un bras de fer depuis plusieurs mois autour des élections, qui accusent du retard.

Dernier rebondissement en date, le Premier ministre a annoncé samedi 1er janvier dans la soirée la mise en place d’un comité ministériel chargé d’enquêter sur la tentative de le destituer de ses fonctions. L’opposition, elle, appelle à la démission du président.

La communauté internationale appelle au dialogue

La situation inquiète d'autant plus que chaque camp bénéficie de soutiens au sein des forces de sécurité. La communauté internationale multiplie les appels à l’apaisement. Jeudi 30 décembre, l’Union Africaine a notamment invité les deux hommes au dialogue et à trouver une solution politique à la crise.

Les États-Unis et le Royaume-Uni ont eux mis l’accent sur l’urgence de finaliser le processus électoral. Les deux pays ont d’ailleurs affiché leur soutien à la tenue d’un conseil national sur les élections, proposé par Mohamed Roble. Réunissant les différentes parties prenantes, il aura pour objectif de résoudre les blocages autour du processus électoral. Et de permettre de conclure rapidement le scrutin.

Les chefs des régions semi-autonomes sont justement en ce moment à Mogadiscio pour cette réunion très attendue et qui devrait avoir lieu d’ici peu. Mais les discussions ne s’annoncent pas simples. Car les chefs de région sont eux même divisés entre ceux fidèles au chef de l'État et ceux fidèles à son premier ministre.

Peur d'une nouvelle poussée des shebabs

Si ces appels au dialogue se multiplient, c’est aussi parce qu’une nouvelle poussée des islamistes shebabs inquiète. Ces derniers pourraient en effet prendre avantage d’une attention centrée sur les tensions au sein du pouvoir somalien.

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