Gambie : '' les victimes de Yayah Jammeh obtiendront justice ''

L'annonce d'un accord entre l'actuel président et le parti de son prédécesseur fait réagir. Des voix dénoncent une ''alliance circonstancielle''.

© ROMAIN CHANSON/AFP or licensors

Colère et déception en Gambie après l'annonce ce dimanche de la coalition improbable entre le parti de l'ex-dirigeant Yayah Jammeh, et celui de son successeur Adama Barrow, en quête d'un nouveau mandat en décembre prochain.

Les défenseurs des droits de l'homme dénoncent une trahison envers les victimes des 20 ans de règne de Yayah Jammeh. Un sentiment que partage Hamid Adiamoh, Rédacteur en Chef du journal NewDay, en Gambie.

N'oubliez pas que c'est ce parti qui avait juré à l'époque qu’Adama Barrow ne serait pas président de la Gambie.

C'est un parti qui a juré que la Gambie n'irait pas de l'avant après l'ère de tyrannie de Yayah Jammeh. C'est aussi un parti qui a mis le pays à genoux et qui était prêt, s'il le fallait, à réduire le pays en cendres pour maintenir Yayah Jammeh au pouvoir, a souligné le journaliste.

Pour le Rédacteur en Chef du journal NewDay, Il est donc compréhensible que la population se sente trahie, que le président essaie, cinq ans plus tard, de s'allier à ce même parti politique.

Ajoutant, pour traduire le sentiment général, les gens ont le sentiment que le président leur a fait un doigt d'honneur.

L'accord stipulerait que l'APRC de Jammeh fera partie du prochain gouvernement d'Adama Barrow après le scrutin du 4 décembre. Le porte-parole du parti a également évoqué un retour éventuel de son leader.

Se serait une erreur pour Barrow de faire rentrer si tôt au pays quelqu'un d'aussi dominateur, d'aussi autoritaire que Yayah Jammeh, et je ne pense pas qu'il le fera, avance Hamid Adiamoh.

Le journaliste explique : les membres de l'APRC eux-mêmes ne veulent pas qu'il rentre au pays. Ils ne le veulent pas ! Parce que vers la fin de son règne, Yayah Jammeh se retournait même contre ses amis et ses propres alliés, et je suis sûr que les membres de l'APRC jouissent de leur propre liberté loin de Yayah Jammeh.

Pour Hamid Adiamoh, la coalition annoncée, c’est tout simplement de la politique. Les gars de l'APRC doivent être capables de convaincre leurs électeurs qu'ils sont en train de négocier le retour de Yayah Jammeh afin de gagner leurs votes. C'est tout ! Et une fois que les élections seront terminées et que Barrow sera de retour à la présidence, tout le monde oubliera Yayah Jammeh.

Les critiques craignent que l'alliance entre l'APRC et le NPP ne prive les victimes de leur droit à la justice.

Je peux vous dire que Yayah Jammeh ne peut pas échapper aux poursuites pour ses crimes, car n'oubliez pas que ces crimes ont un caractère international. Il semble clairement qu'il soit coupable d'avoir tué des Ghanéens, des Nigérians, des Togolais et même des citoyens américains, souligne Hamid Adiamoh.

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