Réunion de crise au Bénin après une nouvelle attaque

La président Patrice Talon avait convoqué un conseil des ministres extraordinaire avec un seul point à l'ordre du jour ce jeudi (image d'archives) © Yanick Folly/AFP/Getty Images La président Patrice Talon avait convoqué un conseil des ministres extraordinaire avec un seul point à l'ordre du jour ce jeudi (image d'archives)

La situation sécuritaire se dégrade de jour en jour dans la région frontalière entre le Burkina-Faso, le Niger et le Bénin. Ce dernier vient de subir une nouvelle attaque meurtrière qui a couté la vie à plusieurs personnes. Elle a fait au moins huit morts -un agent civil de l'ONG African Parks, cinq gardes forestiers ainsi que leur instructeur français, un agent des Forces Armées béninoises- et 12 blessés, au parc national W, mardi 8 février. C'est l'ONG de défense de l'environnement African Parks qui a alerté.

La gravité de la situation a poussé les membres du gouvernement à se retrouver en réunion extraordinaire ce jeudi 10 février. Le haut commandement militaire était même présent. L'armée béninoise avait déjà renforcé sa présence dans le nord du pays après les deux premières attaques jihadistes officiellement reconnues à la fin 2021. Mais cela ne semble donc pas suffire à garantir la sécurité.

Pas d'action militaire coordonnée

La zone est devenue très dangereuse ces derniers mois. Le Haut commandement militaire l'admet et parle de cette zone "point triple", frontalière entre le Bénin, le Burkina Faso et le Niger. Une zone sous tensions, avec d'une part des incursions terroristes et, d'autre part, la présence de braconniers. Elle fait pas encore l'objet d'une action conjuguée des trois pays.

Ce 8 février, c'est justement en allant débusquer des braconniers qu'une patrouille de garde forestiers d'African Parks Network est tombée sur un engin explosif improvisé. Une autre patrouille s'est retrouvée dans la même situation le jeudi 10 février, l'attaque faisant une nouvelle victime, un agent de l'ONG.

"Intensification" de la sécurisation de la zone

Ce jeudi, lors du conseil des ministres extraordinaires, il a été décidé le renforcement et l'accélération de la stratégie de sécurisation de la zone. "La stratégie du gouvernement suit son cours et s’intensifiera avec la réception prochaine des nouveaux équipements de pointe commandés", indique la présidence. Le parquet national antiterroriste français a par ailleurs ouvert une enquête pour "assassinat en relation avec une entreprise terroriste", après l'attaque de mardi, où un Français de 50 ans a perdu la vie.

Auteur: Rodrigue Guézodjè

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