Omicron et compagnies : plus de 2 000 vols annulés dans le monde

A l'aéroport international Logan de Boston, le 21 décembre. © Charles Krupa A l'aéroport international Logan de Boston, le 21 décembre.

Omicron n’aime ni Noël ni l’avion. Le nouveau variant du Covid-19 vient mettre un coup d’arrêt à toute tentative de renouer cette année avec les déplacements pour les fêtes. Après un Noël 2020 déjà frappé de plein fouet par la pandémie, les compagnies aériennes du monde entier ont dû annuler plus de 2 000 vols ce vendredi. Dont près d’un quart aux Etats-Unis.

Des chiffres qui viennent s’ajouter aux nombreuses suppressions de vols qui sont décidées depuis l’irruption du variant omicron. Très contagieux, il se propage à toute vitesse et force de nombreuses personnes à s’isoler, même en l’absence de symptômes. Selon le site Flightaware, on comptait à 15 h 40 GMT déjà au moins 2 116 annulations de vols ce vendredi, dont 499 sont des trajets liés aux Etats-Unis, qu’il s’agisse de liaisons internationales ou internes.

De nombreuses compagnies américaines interrogées ce vendredi ont évoqué la nouvelle vague de la pandémie, qui frappe notamment les équipages, comme l’une des principales causes liées à ces annulations. Selon Flightaware, United Airlines a ainsi dû annuler plus de 170 vols ce vendredi, soit 9 % de ceux qui étaient programmés. «Le pic de cas d’omicron à travers le pays cette semaine a eu un impact direct sur nos équipages et les personnes qui gèrent nos opérations», a expliqué la compagnie. Chez Alaska Airlines, dix vols ont été supprimés tandis que des employés ont dû se mettre en quarantaine après «avoir été potentiellement exposés au virus».

Selon les estimations de l’American Automobile Association, plus de 109 millions d’Américains devaient quitter leur région immédiate par avion, train ou en voiture entre le 23 décembre et le 2 janvier – soit une hausse de 34 % par rapport à l’an dernier.

En Europe, le trafic s’effondre de 20 %

Côté Europe, même si un retour à la situation pré-Covid n’était pas envisagé avant 2024, le secteur aérien redoute aussi l’impact du variant omicron. La compagnie allemande Lufthansa a décidé jeudi d’annuler quelque 33 000 vols en tirant un trait sur 10 % du programme hivernal. La veille, Ryanair, la plus grande compagnie aérienne européenne par le nombre de ses passagers, a indiqué que sa perte annuelle serait sans deux fois plus importante que celle qu’elle avait prévue. Chez Air France, bien qu’«un petit ralentissement des réservations» ait été constaté, aucune annulation n’a pour l’heure été annoncée. Omicron se traduit également par des casse-tête opérationnels pour les compagnies liés à l’absentéisme de leurs salariés malades : la scandinave SAS a ainsi dû annuler des dizaines de vols mardi et mercredi.

L’association des aéroports européens (ACI Europe) a estimé que le trafic passager s’était effondré de 20 % dans les équipements de ses adhérents à partir du 24 novembre, au moment où l’Organisation mondiale de la santé a annoncé avoir identifié le nouveau variant en Afrique du Sud.

Néanmoins, une hausse de la fréquentation a été relevée au début de la saison de Noël, avec une augmentation de 9 % sur une semaine. Mais une fois les vacances terminées, «il ne fait aucun doute qu’omicron aura des conséquences adverses sur le trafic des passagers lors du premier trimestre de 2022», s’est inquiété le directeur général d’ACI Europe.

«Un risque de transmission du virus au moins deux fois plus élevé dans l’avion»

Au-delà des annulations de vols liées à omicron, les compagnies subissent l’interdiction des voyageurs sans motif impérieux du Royaume-Uni vers la France et l’Allemagne, la fermeture des frontières du Maroc, entre autres multiples restrictions mises en place ces dernières semaines pour tenter de freiner la propagation d’omicron.

En outre, l’Association du transport aérien international (IATA), qui représente 300 transporteurs dans le monde, a mis en garde face au risque accru pour les passagers d’être contaminés dans l’avion, rapportent les Echos. Auprès de Bloomberg, David Powell, le médecin consultant pour l’IATA a appelé à un renforcement des gestes barrières dans les lieux publics, les transports, ou au travail. Il préconise également de nouvelles mesures de précaution dans l’avion et y évoque un «risque de transmission du virus de deux à trois fois plus élevé avec omicron». Pour David Powell, il est nécessaire «d’éviter les contacts face-à-face et les surfaces fréquemment touchées» entre passagers.

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