Après l'attaque de Solhan, le gouvernement burkinabè ferme des sites d'orpaillage

Pour certains chercheurs, les dernières attaques au Burkina sont liées à une volonté de contrôle des sites aurifères par les groupes armés terroristes (illustration). © Universal Images Group Editorial via Getty Images Pour certains chercheurs, les dernières attaques au Burkina sont liées à une volonté de contrôle des sites aurifères par les groupes armés terroristes (illustration).

Au Burkina Faso, après l’attaque contre la commune rurale de Solhan, dans la nuit du 4 au 5 juin, le gouverneur de la région du Sahel prend des mesures. Il suspend les activités d’orpaillage. Selon le porte-parole du gouvernement, l’attaque a visé principalement le site aurifère de cette commune rurale.

Tous les sites aurifères artisanaux des provinces de l’Oudalan et du Yagha sont fermés, depuis ce lundi 7 juin et jusqu’à nouvel ordre, et toutes les activités liées à l’exploitation de l’or sur ces sites suspendues.

Le colonel major Salfo Kaboré, gouverneur de la région Sahel, invite ainsi les miniers à « déguerpir » des lieux. Ces sites, selon une étude de l’observatoire économique et social, servaient à financer le terrorisme.

Dans le Sahel burkinabè, cela se manifestait par le prélèvement de taxes et impôts par les groupes armés, souligne Bernabé Kambou qui a coordonné l’étude sur le système de financement du terrorisme. « L’autofinancement est la principale force des groupes terroristes actifs aujourd’hui dans la région sahélienne », indique-t-il. « Ce que le gouverneur a fait est une mesure salutaire, car les dernières attaques sont liées à une volonté de contrôle des sites aurifères par les groupes armés terroristes », soutient encore Bernabé Kambou.

Les sites aurifères artisanaux étaient jusque-là épargnés par les attaques, car ces groupes armés recevaient leur part de l’exploitation minière, selon le chercheur Mahamoudou Sawadogo.

Reste au gouvernement de se donner les moyens pour faire respecter cette mesure et surveiller ces sites. Sans quoi « ce serait du pain béni pour les groupes armés après le départ des populations », avertit Mahamoudou Sawadogo,.

► À lire aussi : Attaque de Solhan: le Burkina Faso à nouveau endeuillé par le terrorisme

Après l'attaque de Solhan, le gouvernement burkinabè ferme des sites d'orpaillage