La justice israélienne donne le feu vert pour l'expulsion d'environ 1000 Palestiniens

Une délégation de l'Union européenne en visite avec l'ONG Breaking the Silence à Masafer Yatta, en octobre 2020. © AFP - HAZEM BADER Une délégation de l'Union européenne en visite avec l'ONG Breaking the Silence à Masafer Yatta, en octobre 2020.

À Masafer Yatta, au sud de la Cisjordanie occupée, dans les collines à proximité d’Hébron, une douzaine de villages palestiniens et environ un millier de personnes peuvent être expulsés à tout moment, pour que les terres soient réservées à l’entraînement de l’armée israélienne. La Cour suprême l'a approuvé dans la nuit de mercredi au jeudi 5 mai, après 23 ans de bataille judiciaire entre l’État hébreu et les habitants palestiniens.

Avec notre correspondante à Ramallah, Alice Froussard

Pour les habitants, des bergers ou des agriculteurs palestiniens pour la plupart, c’est une zone rurale, pauvre, aride, de 3 000 hectares, avec des airs de paysages lunaires. Mais pour l’armée israélienne, cette étendue de terre a un autre nom : la zone de tir 918.

Souvent, les soldats viennent s’entraîner, parcourent les champs en blindés et leurs hélicoptères volent tout près des maisons. Parfois, certaines d’entre elles sont détruites, au détriment de la communauté locale. La bataille judiciaire a duré 23 ans. Dans la nuit de mercredi à jeudi, la Cour suprême a rendu sa décision, donnant le feu vert à l’expulsion et au transfert forcé d’environ 1 000 Palestiniens. Il s’agit d’une des plus importantes décisions d’expulsions depuis l’occupation israélienne des territoires palestiniens en 1967.

D’après les Conventions de Genève, il est illégal d'exproprier des terres occupées à des fins qui ne profitent pas aux personnes qui y vivent ou de transférer de force une population locale. Mais l’État hébreu affirme que les villageois ne sont pas des résidents permanents et n’ont aucun droit sur la terre.

Pour le moment, le ministère israélien de la Défense n’a fait aucun commentaire. De son côté, le président du conseil de Masafar Yatta, Nidal Younes, parle d’une décision « raciste, prise par un juge qui vit dans une colonie, détruisant en cinq minutes la vie de 12 villages après 20 ans de bataille ». Et selon l’ONG israélienne Breaking the Silence, il s’agit « d’une étape claire dans l’annexion de facto des territoires palestiniens occupés pour cimenter un régime militaire indéfiniment ».

La justice israélienne donne le feu vert pour l'expulsion d'environ 1000 Palestiniens