Euro 2021 : contre une fringante Espagne, la Squadra assura

Le milieu de terrain Jorginho célèbre son tir au but réussi, qui qualifie la Nazionale en finale de l'Euro 2021. © CARL RECINE Le milieu de terrain Jorginho célèbre son tir au but réussi, qui qualifie la Nazionale en finale de l'Euro 2021.

Un affrontement entre deux styles de jeu, ce mardi soir, comme les sports collectifs aiment à en offrir. Jusqu’à la caricature même, entre une Espagne sûre de sa technique, qui veut vaincre par le jeu et le ballon, et une Italie qui cherche à contenir l’adversaire et planter des banderilles. Seuls les tirs au but ont finalement pu départager ces deux visions du football. Les Italiens se qualifient en finale grâce à un dernier tir victorieux de Jorginho qui succède à un arrêt de Gianluigi Donnarumma, et met un point final à cet affrontement épique et éreintant (1-1, 4-3 aux t.a.b.).

La première période de cette demi-finale n’a été qu’un siège de la Roja sur une Squadra Azzurra qui semblait plus subir que choisir ce scénario. L’Italie avait pourtant impressionné dans son jeu depuis le début de l’Euro quand l’Espagne avait oscillé entre l’excellence et le poussif. Une compétition qui avait certes vu la montée en puissance des Espagnols. Il faut rendre grâce à Luis Enrique, parfois sous-estimé, mais qui a su sublimer une sélection censée être, sur le papier, l’une des plus faibles depuis quinze ans. Pourtant, l’ancien coach du Barça a su tirer le meilleur de chaque joueur qui compose son effectif. Reste qu’il ne peut pousser le ballon dans les cages adverses ou expliquer sur chaque action à ses défenseurs comment ne pas s’oublier. «On savait qu’on souffrirait dans un tel match. Ils nous ont mis en difficulté. Ce sont des maîtres dans la maîtrise du ballon», a reconnu Roberto Mancini, le coach italien après le match.

Ultime scène

Alors l’Italie, pourtant en retrait dans le jeu (moins de 30 % de possession de balle), dans la négation du football diront certains, dans la compréhension de ses limites et des règles du ballon rond diront ceux qui auront une sensibilité différente, ouvre le score par une attaque d’une verticalité fulgurante ponctuée d’une frappe lumineuse de Federico Chiesa (60e). Et si la Botte a tenté des ajustements tactiques avant cette ouverture du score, de réduire encore plus les espaces après le but de Chiesa, cela n’empêche pas Alvaro Morata d’égaliser à dix minutes de la fin, histoire que justice soit rendue.

La joute a fatigué les acteurs et, dans les prolongations, la possession espagnole se délite autant que les contre-attaques italiennes ne deviennent moins incisives. Et chacun sent que les tirs au but seront l’ultime scène de cette belle demi-finale. L’Espagnol de Leipzig, Dani Olmo, pourtant étincelant pendant 120 minutes, loupe d’entrée, le milieu italien Manuel Locatelli l’imite, mais Morata cède à son tour. Tout un pays peut exulter et l’Italie, grande nation du football, accède à sa première finale en compétition internationale depuis l’Euro 2012. Encore dans l’extase, Mancini a malgré tout prévenu : «Ce n’est pas fini.»

Euro 2021 : contre une fringante Espagne, la Squadra assura