Afghanistan: Les taliban disent contrôler le Panchir, leur gouvernement annoncé "bientôt"

AFGHANISTAN-CONFLIT:Afghanistan: Les taliban disent contrôler le Panchir, leur gouvernement annoncé "bientôt"

AFGHANISTAN: LES TALIBAN DISENT CONTRÔLER LE PANCHIR, LEUR GOUVERNEMENT ANNONCÉ "BIENTÔT" © Reuters/SOCIAL MEDIA AFGHANISTAN: LES TALIBAN DISENT CONTRÔLER LE PANCHIR, LEUR GOUVERNEMENT ANNONCÉ "BIENTÔT"

(Reuters) - Les taliban afghans ont revendiqué lundi la victoire contre les forces d'opposition regroupées dans la province du Panchir, mais les rebelles engagés dans cette vallée encaissée au nord-est de Kaboul ont démenti la prise de ce dernier bastion de résistance au mouvement islamiste, qui a une nouvelle fois promis d'annoncer "bientôt" son gouvernement.

"La province du Panchir est complètement tombée face à l'Emirat islamique d'Afghanistan", a annoncé lundi sur Twitter l'un des porte-paroles de la milice islamiste, Zabihoullah Moujahid.

Cette annonce a été démentie par Ali Maissam Nazary, l'un des porte-paroles du Front national de la résistance afghane (FNRA), qui a précisé sur Facebook que les forces de la résistance "étaient toujours présentes dans toutes les positions stratégiques de la vallée afin de continuer le combat".

Le FNRA, qui rassemble d'anciens soldats de l'armée régulière afghane et des forces spéciales, ainsi que des combattants des milices locales, est dirigé par Ahmad Massoud, fils du célèbre commandant des moudjahidine du Panchir assassiné par deux agents d'Al Qaïda juste avant les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis.

Ahmad Massoud n'a pas commenté la situation sur le terrain mais a précisé dans un message publié sur Twitter qu'il était sain et sauf.

LE GOUVERNEMENT DES TALIBAN SE FAIT TOUJOURS ATTENDRE

Zabihoullah Moujahid a précisé lundi lors d'une conférence de presse avoir été informé de la fuite au Tadjikistan voisin d'Ahmad Massoud et de l'ancien vice-président Amroullah Saleh, qui a rejoint les forces d'opposition dans la vallée du Panchir après la chute de Kaboul le mois dernier.

Les taliban, principalement issus de l'ethnie pachtoune, ont assuré que les habitants du Panchir, opposants de longue date à leur mouvement dont la majorité sont des Tadjiks, ne seraient pas la cible de discriminations.

"Ils sont nos frères et nous oeuvrerons ensemble dans l'objectif commun du bien-être du pays", a déclaré Zabihoullah Moujahid.

Trois semaines après la prise de Kaboul et la chute du gouvernement afghan avec la fuite du président Ashraf Ghani, les taliban prévoient d'annoncer "bientôt" un nouveau gouvernement, a fait savoir Zabihoullah Moujahid sans fournir de calendrier précis.

Lors d'une conférence de presse, il a démenti que des désaccords internes soient à l'origine des retards dans l'annonce du gouvernement - déjà différée à plusieurs reprises - évoquant seulement quelques "points techniques" restant à régler.

Zabihoullah Moujahid a également précisé qu'il pourrait s'agir d'un gouvernement intérimaire dont la composition serait susceptible d'être modifiée à l'avenir.

Concernant le chef suprême des taliban, Hibatoullah Akhoundzada, qui ne s'est pas montré publiquement depuis la prise du pouvoir par le mouvement islamiste, il a précisé qu'il devrait "bientôt" faire une apparition publique.

CONFÉRENCE INTERNATIONALE D'AIDE PROGRAMMÉE

Alors que la communauté internationale s'inquiète notamment de la question du respect du droit des femmes - particulièrement opprimées lorsque les taliban étaient au pouvoir entre 1996 et 2001 - Zabihoullah Moujahid a déclaré que les femmes étaient de retour au travail dans les secteurs de la santé et de l'éduction et que "d'autres domaines suivraient, un par un, une fois que des règles auront été fixées pour elles".

Les taliban ont assuré que les droits des femmes seraient respectés "dans le cadre de la loi islamique" et qu'elles seraient autorisées à travailler dans différents secteurs importants de la société.

Ce point sera surveillé avec attention par les chancelleries occidentales, qui ont prévenu les taliban que la reconnaissance formelle de leur gouvernement et la fourniture d'une aide économique et humanitaire au pays restent conditionnées aux actes des taliban - et pas seulement à leurs annonces - en termes de respect des droits humains.

Des discussions se poursuivent parallèlement pour la reprise des vols internationaux depuis l'aéroport de Kaboul, selon Zabihoullah Moujahid.

Les Nations unies ont annoncé l'organisation d'une conférence internationale d'aide à l'Afghanistan le 13 septembre, dans l'espoir d'éviter une "catastrophe humanitaire imminente", selon les propos du secrétaire général de l'Onu Antonio Guterres.

(Reportage Rédactions de Reuters, rédigé par Stephen Coates; version française Myriam Rivet, édité par Nicolas Delame)

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