Endiguer la prolifération des armes nucléaires

USA, Tucson : un missile Titan © Erich Schmidt/imageBROKER/picture alliance USA, Tucson : un missile Titan

Ce début d'année est marqué au sein du Conseil de sécurité des Nations unies par une discussion sur les armes nucléaires. Pour renforcer leur refus de toute éventuelle "guerre nucléaire" et éviter une course à l'armement, Pékin appelle les Etats-Unis et la Russie à réduire leurs arsenaux. La Chine affirme qu'elle entend continuer de son côté à "moderniser" le sien.

On les appelle le "P5". Les Etats-Unis, la Chine, la Russie, le Royaume-Uni et la France sont les cinq puissances qui disposent d'un siège permanent au Conseil de sécurité de l'Onu. Cinq Etats qui détiennent aussi la bombe atomique.

La Chine en chevalier blanc ?

En début de semaine, ces cinq Etats ont renouvelé leur engagement à prévenir la propagation des armes nucléaires : aucune guerre nucléaire ne peut être gagnée, inutile donc de songer même à la mener. C'est en substance ce qu'on déclaré pour la première fois d'une même voix les membres permanents du Conseil de sécurité.

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Wang Wenbin salue cette déclaration qui favorise la stabilité mondiale. Le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères a également voulu rassurer ses rivaux sur les intentions de la Chine en la matière et déclaré que son pays avait "toujours adhéré à la stratégie nucléaire d'autodéfense, poursuivi la politique de non-recours en premier aux armes nucléaires et maintenu ses forces nucléaires au niveau le plus bas requis pour préserver la sécurité nationale."

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La Chine attend toutefois des Etats-Unis et de la Russie qu'ils réduisent leur arsenal nucléaire "de manière irréversible et juridiquement contraignante".

90% des missiles nucléaires du monde

Pour sa part, Pékin décline régulièrement les invitations des deux autres à discuter de la réduction de son stock à elle : 350 armes nucléaires environ pour la Chine contre 5.550 pour les Etats-Unis et 6.255 pour la Russie selon les estimations de l'Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (Sipri). En revanche, Pékin assure qu'il continue de "moderniser" son arsenal.

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La prochaine conférence d'examen du TNP, le Traité sur la non-prolifération, aurait dû se tenir en janvier mais elle a été reportée en raison de la pandémie.

Les risques de guerre nucléaire

Dans une tribune publiée au mois de décembre, Antonio Guterres a fait part de ses inquiétudes, au vu des tensions internationales croissantes qui impliquent le P5 - en Ukraine et à Taiwan notamment.

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En novembre 2021, l'Institut de recherche de l'Onu sur le désarmement, basé à Genève (Unidir) soulignait aussi les risques accrus du fait que les systèmes d'armes nucléaires se numérisent de plus en plus: en cas de "frictions cybernautiques", ces systèmes informatiques augmentent le risque d'escalade des conflits et de recours à l'arsenal nucléaire dans le monde réel.

A noter que trois pays non-membres permanents du Conseil de sécurité sont considérés comme détenteurs de l'arme atomique : l'Inde, le Pakistan et Israël – et ils ne sont pas signataires du TNP. La Corée du Nord a même dénoncé pour sa part le Traité de non-prolifération.

Par ailleurs, les déclarations du P5 coïncident avec la reprise il y a peu, à Vienne, des négociations pour relancer l'accord de 2015 sur le programme nucléaire iranien.

Auteur: Sandrine Blanchard, Avec agences

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