Kenya : des moto-taxis électriques pour limiter la pollution de l'air

Après avoir mis en place des bus électriques dans la capitale, l'entreprise Opibus s'atèle aux moto-taxis.

Après les bus électriques, l'entreprise Opibus se lance dans les moto-taxis au Kenya. © David Owino - Africanews Après les bus électriques, l'entreprise Opibus se lance dans les moto-taxis au Kenya.

Dans le centre de Nairobi, au Kenya, il n'est pas facile de respirer de l'air pur. Les motos taxis, aussi connues sous le nom de bodaboda, participent grandement à l'augmentation de la pollution atmosphérique de la capitale.

"Le nombre de nouvelles immatriculations de motos utilisées comme taxis ou bodaboda, était estimé en 2018 à 1,5 millions et il pourrait être largement multiplié d'ici 2030", explique Joyce Msuya, directrice exécutive adjointe d'ONU Environnement.

Dans cet atelier du groupe suédo-kényan de véhicules électriques Opibus, les employés s'activent pour réduire le taux de pollution de la ville.

"Uber fournit évidemment beaucoup de conducteurs de bodaboda, c'est notre client cible", détaille Alex Pitkin, le directeur technique d'Opibus. "Souvent, ils ne savent pas à quel point les motos électriques peuvent être bénéfiques en termes d'économie d'argent, de sécurité, d'économies de carburant ou encore d'entretien..."

Josephat Mutiso, a franchi le pas en passant à l'électrique pour sa cinquième année de conducteur de taxi-moto.

"Vous avez juste l'accélérateur, pas d'embrayage", dit le chauffeur. "La seule chose sur laquelle vous vous concentrez, c'est le frein avant et le frein arrière. De cette façon, vous avez encore plus de contrôle sur la moto. Et elle est assez légère, elle ne vibre pas. Donc même les clients préfèrent ce modèle."

L'évolution de la crise climatique alimente les inquiétudes sur le gaz à effet de serre, tandis qu'à l'international, la recherche se tourne vers des alternatives vertes. Alors qu'ils ne semblaient pas envisageables dans les pays en développement, les modes de transport propres deviennent une priorité.

"Cibler l'Afrique et les pays africains fait également partie de ce mouvement, et à Opibus, c'est ce que nous visons", continue Lucy Mugala, ingénieure à Opibus. "Nous voulons avancer tous ensemble. Nous allons tous vers une énergie plus verte, une économie plus verte. Et nous pouvons le faire seulement en œuvrant ensemble et en renforçant les capacités locales."

Pour le chauffeur de taxi-moto, c'est une réussite, son affaire fonctionne mieux qu'avant. "Tout ce que j'avais l'habitude de gagner et de dépenser pour l'entretien de la moto, maintenant, je l'économise. Donc je gagne plus qu'avant".

En 2019, la pollution atmosphérique a causé plus de 5 000 décès prématurés au Kenya, selon le rapport State of the Global Air de 2020. Avec près d'un tiers de la population du pays souffrant d'affections respiratoires liés à la mauvaise qualité de l'air, la mobilité électrique apporte un espoir de santé et de richesse pour le pays.

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