Nomad #72 : Les îles purpuraires d’Essaouira préservées dans leur écrin naturel

© Fournis par Yabiladi

Les îles purpuraires d’Essaouira attisent la curiosité des touristes qui visitent la ville des Alizés. Immersion dans ce lieu mystérieux.

Les îles purpuraires se trouvent à une centaine de mètres seulement de la ville d’Essaouira. Les touristes qui se baladent le long de la ville des Alizés ne peuvent malheureusement pas visiter cet archipel classé dans la liste du patrimoine mondial de l’Unesco depuis 2001.

La plus grande île est connue sous le nom de l’île du Mogador et fait près de 26 hectares. Depuis le début des années 80, l’archipel est devenu une réserve biologique. Depuis 2005, l’ensemble des petits îlots sont classés comme zone Ramsar. Sur l’île du Mogador on peut apercevoir au loin une ancienne prison, mais aussi une mosquée, symbole des différentes périodes d’occupations.

Contacté par Yabiladi, Abdelfattah Ichkhakh, conservateur de la médina d’Essaouira et archéologue spécialiste de la période pré-islamique est revenu sur les différentes époques des îles purpuraires. Il indique qu’une partie «était occupée pendant l’antiquité à partir du VIIe siècle avant JC lors de l’époque phénicienne». Par ailleurs lors de cette période, «c’était le point le plus méridional, situé à plus de 600 km du détroit de Gibraltar ce qui en a fait un comptoir ouvert sur le monde extérieur».

Usines de pourpre

Quelques siècles plus tard, l’île de Mogador était occupée de manière «saisonnière» au Ve siècle, lors de l’époque maurétanienne. «Le roi Juba II avait installé des fabriques de pourpre, d’où le nom des îles purpuraires. La couleur pourpre était alors très prisée que ce soit en Maurétanie ou chez les Romains». De l’année 40 à la fin du IIIe siècle, lors de la période romaine, il y a eu la construction d’une grande villa dont les vestiges existent toujours. Les îles continuèrent d’être occupées jusqu’au Ve siècle puis connurent un abandon jusqu’au 19ème siècle.

L'île et l'arrière-pays d'Essaouira. /Ph. Abdelfattah Ichkhakh

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