Mir et Bagnaia restent frustrés par l'inconstance des pneus

Joan Mir, Team Suzuki MotoGP © Gold and Goose / Motorsport Images Joan Mir, Team Suzuki MotoGP

Depuis que la saison a repris après la pause estivale, chaque course a été marquée par des problèmes liés aux pneus. Certains pilotes ont évoqué un manque d'adhérence et surtout des performances qui ne correspondaient pas à leurs attentes, faisant état de sensations différentes avec des gommes pourtant censées être identiques. Michelin a d'abord estimé que la configuration du Red Bull Ring, qui imposait une carcasse rigide, pouvait être en cause, mais le problème est à nouveau apparu à Silverstone, avec des dégringolades pour Joan Mir, Pecco Bagnaia et Valentino Rossi en course.

Michelin a promis des réponses et chez Suzuki, on a la conviction que le problème était bien lié à la gomme et pas à la machine. "C'est difficile de répondre parce que c'est toujours une combinaison de plusieurs facteurs", a expliqué Mir. "C'est sûr que c'était étrange. Je ne pense pas que c'était lié aux réglages de la moto. L'équipe m'a donné son explication sur ce qu'il s'est passé. La seule chose à dire, c'est que j'espère que ça ne se reproduira pas parce que ça détermine tout le week-end et que ça peut déterminer le championnat. Essayons d'être positifs pour celui-là."

Pecco Bagnaia a confirmé que le souci qu'il a rencontré en Grande-Bretagne venait du pneu et pas d'un réglage de sa Ducati. "J'ai discuté avec Michelin aujourd'hui", a précisé le natif de Turin. "Je sais que Gigi [Dall'Igna, directeur général de Ducati Corse] a eu une réunion avec eux mardi. Ils ont reconnu que mon pneu arrière n'était pas performant mais c'est une chose qui peut arriver, parce qu'ils ne peuvent pas savoir si un pneu sera performant ou pas. [Dans un week-end de course] ils regardent si le pneu n'est pas endommagé, s'il va bien, s'il est neuf, et ils disent 'ce sera ton pneu de course'. Dans les pneus que l'on a, c'est le meilleur. Ils disent que ça peut arriver. Pour moi et pour tous les pilotes, j'aimerais que ça ne se reproduise pas mais ils ne peuvent pas l'anticiper."

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Plusieurs fois cette année, des pilotes ont senti des soucis avec des pneus "préchauffés", qui sont des gommes non utilisées sur un week-end de course puis apportées sur une autre, mais les problèmes rencontrés dans les derniers Grands Prix ont pris de cours les acteurs du championnat, si bien que Mir s'est retrouvé démuni à Silverstone : "Je n'ai pas de solution. C'est trop imprévisible. Normalement, on garde un pneu pour le dimanche et il faut se dire qu'il va fonctionner. Habituellement c'est le cas, mais parfois il se passe quelque chose et il n'y a pas le niveau de grip que l'on attendait. Et ça n'arrive pas que le dimanche, ça arrive aussi le vendredi".

"Le niveau de grip change plus que ce qu'on attend. C'est dur de travailler sur ça. On travaille sur les réglages, on les améliore, puis on change de pneus et si le niveau d'adhérence est différent, tout le pilotage change. Et il faut tout refaire. On n'a pas beaucoup d'essais pour tout évaluer. Quand ça arrive, c'est très dur d'être constamment devant. Ça s'est aggravé dans les dernières courses. Ce n'était pas comme ça avant. Je pense qu'il s'est passé dans les dernières courses, parce qu'on n'est pas habitués à des changements d'adhérence dans cette ampleur."

Bagnaia estime de son côté que Michelin pourra tirer les leçons des problèmes rencontrés à Silverstone : "Je pense qu'ils font déjà un gros contrôle des pneus. Ils m'ont dit que grâce aux données de la dernière course – parce que dans les données, il était évident que le pneu n'était pas bon – ils ont plus d'informations pour la suite. C'est très dur d'anticiper si un pneu sera bon ou pas".

Mir évite de critiquer Michelin

Joan Mir a manifesté une certaine gêne en évoquant le sujet des pneus, ne souhaitant pas porter d'accusations envers Michelin. Le manufacturier clermontois a balayé toute théorie du complot en expliquant qu'il lui serait impossible de favoriser Fabio Quartararo s'il avait la volonté de le faire, chaque pneu étant attribué de manière aléatoire à un pilote. Mir fait confiance à Michelin et espère que le problème ne se présentera plus.

"Ce n'est pas que l'on a pas le droit d'en parler, c'est plus que profondément, je veux penser que Michelin fait tout son possible pour gérer la situation du mieux possible. Mais c'est vrai que dans les dernières courses, pas seulement moi mais plusieurs pilotes se sont plaints de ça. Si ça arrive une fois, ça va, on ne se plaint pas, mais si ça arrive plus, c'est plus dur de se taire. Mais vous savez ce que je pense de ça. Je crois qu'ils font ce qu'ils peuvent, pour donner de bons pneus à tout le monde. Mais des choses se sont passées dans les dernières courses. Il faut regarder devant."

Et aux yeux du Champion du monde, critiquer Michelin n'apporterait rien de constructif : "Même si le pilote ne dit pas aux médias ce qu'il se passe, je pense que toutes les équipes poussent énormément pour améliorer la situation. Ils travaillent. C'est ce qu'ils disent et je les crois. À ce stade, il faut continuer comme ça. Mais si c'est de plus en plus fréquent, qu'il se passe des choses étranges et que des gens qui se battent pour le championnat ont des problèmes et pas les autres... Je ne pense pas que c'est prémédité. Ils font ce qu'ils peuvent. Il n'y a pas besoin d'être en colère, d'en parler à la presse, etc. Il faut résoudre ça en interne".

Álex Rins souhaite aussi se montrer compréhensif envers Michelin, parfois confronté à des conditions imprévues, mais il a confirmé que le sujet des pneus préchauffés et de l'inconstance des gommes était très régulièrement évoqué dans la Commission de sécurité. "Dans certaines courses on est inquiets des pneus", a précisé l'Espagnol. "On parle beaucoup des pneus dans des courses où, comme à Silverstone, personne n'attendait qu'il fasse si froid en plein mois d'août. Donc les pneus étaient un peu durs pour cette température. Le travail de Michelin n'est pas facile."

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