«J’ai eu l’espoir de rattraper Pidcock jusqu’au bout»

Mathias Flückiger a commis deux fautes qui ont permis au Britannique Thomas Pidcock de s’envoler vers l’or à mi-course. Le Bernois de 32 ans, leader de la Coupe du monde, a assuré la médaille qui ne devait pas lui échapper.

Après trois médailles consécutives de Nino Schurter aux JO, c’est au tour de Mathias Flückiger de célébrer. © AFP Après trois médailles consécutives de Nino Schurter aux JO, c’est au tour de Mathias Flückiger de célébrer.

Mathias Flückiger, vous aviez annoncé que vous vouliez devenir champion olympique. Pouvez-vous vous contenter de l’argent?

Oui je crois que je peux quand même être fier. Il y avait beaucoup d’attentes, je voulais absolument gagner. Je suis juste derrière, c’est quand même une médaille. À l’arrivée, je dois avouer que je n’étais pas tout à fait content. Car j’ai eu toute la course l’espoir de rattraper Pidcock. Mais j’ai fait deux erreurs dans un tour et l’écart s’est creusé. Je ne suis plus parvenu à le rattraper. Ces fautes m’ont coûté le titre olympique.

Que s’est-il exactement passé?

J’ai glissé deux fois de la pédale, dont une fois dans une montée où j’ai perdu la traction. Du coup, comme si j’avais chuté, j’ai dû monter à pied. Cela m’a fait perdre 6 ou 7 secondes et j’ai perdu le rythme. J’étais ensuite un peu trop euphorique, je voulais absolument rattraper Thomas Pidcock en un tour. Et sur ce tracé, tu ne peux pas juste pédaler dans les montées, elles sont intenses, il faut aussi avoir beaucoup de traction.

«J’ai confirmé par ma prestation que j’appartenais désormais aux meilleurs mondiaux»

Vous sembliez ému sur le podium.

C’était intense émotionnellement oui. L’ambiance ici est sympa, il y avait quelques spectateurs. Cela a rendu la course et le podium plus beaux. J’ai beaucoup donné ces dernières semaines pour cet objectif. J’ai annoncé partout que je voulais l’or et il fallait assurer derrière. Donc là, je peux le dire, je suis très fier. J’ai confirmé par ma prestation que j’appartenais désormais aux meilleurs mondiaux.

«Je suis devenu plus entier, c’est peut-être aussi pour cela que j’ai évoqué le titre»

Comment expliquez-vous ce pas en avant cette saison, vous qui étiez dans l’ombre de Nino Schurter ces dernières saisons?

C’est le résultat d’une immense remise en question sur mes erreurs. Pendant la pause liée au Covid-19, j’ai également réfléchi aux éléments que je devais améliorer. J’ai retravaillé plein de détails. J’ai travaillé physiquement, mais aussi mentalement. Et je suis devenu plus entier, c’est peut-être aussi pour cela que j’ai évoqué le titre.

Auriez-vous gagné une médaille il y a un an?

Cela aurait été possible oui. Mais c’est incontestable que j’ai passé la dernière marche vers le succès cette saison. Je suis le numéro un mondial et cela amène ce petit plus de confiance.

Comment allez-vous fêter votre médaille?

On ne peut pas sortir. Mais au sein de l’équipe, nous allons quand même fêter. Avec Nino (Schurter) et Fillipo (Colombo), nous avons décidé de rester un jour de plus au Japon pour pouvoir fêter ensemble. Après tout ce travail, c’est vraiment important de se retrouver et de tout relâcher ensemble. Cela donne aussi de l’énergie pour les prochains objectifs.

Quels sont-ils?

Il y a cette première victoire au classement général de la Coupe du monde à valider. Puis les Mondiaux 2022. Et les Jeux olympiques de Paris 2024 ne sont plus très loin…

«J’ai eu l’espoir de rattraper Pidcock jusqu’au bout»