Bâtir des ponts entre le Japon et les Premières Nations du Québec

David Brulotte est délégué général du Québec au Japon. © Délégation générale du Québec à Tokyo/ courtoisie David Brulotte est délégué général du Québec au Japon.

La Délégation générale du Québec au Japon veut créer des liens économiques et culturels entre les Premières Nations et le Japon, et recherche également un stagiaire autochtone.

«Nous avons commencé, il y a quelques mois, à voir ce que nous pouvons faire par rapport aux Premières Nations dans le contexte japonais», explique le délégué général du Québec au Japon, David Brulotte.

La Délégation générale est en contact avec Mélanie Paul, une entrepreneure innue de la communauté de Mashteuiatsh, «afin d'échanger sur les réalités entrepreneuriales autochtones et sur les possibilités de faire des échanges à l'international», dit David Brulotte.

La possibilité d'échanges avec les Aïnous, seul peuple autochtone légalement reconnu au Japon, est également à l'étude.

«On a commencé à avoir des échanges avec eux aussi pour voir si c'était possible de faire un maillage au niveau entrepreneurial et au niveau culturel avec le Québec», affirme le délégué général.

«Ils ont beaucoup d'historiques culturels qui sont assez similaires à certaines Premières Nations du Québec, selon nos premières recherches», constate-t-il.

«Nous sommes encore en phase exploratoire. Nous n'avons pas identifié précisément avec quelles communautés au Québec on voudrait travailler, ajoute-t-il. Le but c'est de garder ça simple et que ce soit bénéfique pour les Aïnous et les Autochtones au Québec.»

Faire rayonner la culture et les réalités autochtones

Dans le cadre du mois de la Francophonie, en mars, la Délégation a organisé la diffusion du film Kuessipan, basé sur le livre du même titre de l'auteure innue Naomi Fontaine et réalisé par Myriam Verreault.

«Ça nous a permis de faire un premier rayonnement au Japon des réalités autochtones au Québec», se réjouit David Brulotte.

Sous-titrés en japonais, le film pouvait être visionné pendant 24 heures et il était géo-bloqué, c'est-à-dire qu'il ne pouvait être vu seulement qu'à partir d'un appareil étant au Japon.

Kuessipan, de Myriam Verreault © MaxFilms Kuessipan, de Myriam Verreault

En tout, 50 personnes ont visionné le film dans son entièreté.

«En temps normal, rassembler 50 personnes dans une salle, ça aurait été un bon défi. Donc, ça a été un succès très important, d'autant plus que la diffusion était géo-bloquée», souligne M. Brulotte.

«Nous avons reçus de très bons commentaires. C'est une très belle réussite», réitère-t-il.

Stagiaire autochtone recherché

Chaque année, la Délégation générale reçoit deux stagiaires, mais un troisième stage sera offert, pour la première fois, cette année et sera «entièrement consacré aux affaires autochtones entre le Japon et le Québec», dit M. Brulotte.

«Ce ou cette stagiaire devra nécessairement être originaire de l'une des Premières Nations du Québec», précise-t-il.

Dans le cadre de ce stage, d'une durée de trois mois, le candidat retenu sera rémunéré. En raison des mesures sanitaires, le stage se déroulera à distance.

«Le but [du stage est] d'explorer toutes les options possibles par rapport à l'échange culturel et à l'entrepreneuriat autochtone et comment aider les entreprises à exporter davantage au Japon, que ce soit avec les Aïnous ou au Japon en général», explique David Brulotte.

«Comme allochtone, c'est difficile pour moi de dire ce qu'on devrait faire avec les Premières Nations, souligne-t-il. C'est donc important de s'associer avec quelqu'un qui a plus de légitimité pour mener ces réflexions.»

«Je suis très enthousiaste et j'espère que ça aura un effet boule de neige et que d'autres bureaux à travers le monde entament des initiatives similaires», conclut-il.

L'offre de stage et les formulaires de candidatures peuvent être consultés sur le site web des Offices jeunesse internationaux du Québec.

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