​Vacances - La Côte-Nord sera-t-elle la nouvelle Gaspésie?

Une fine brume enrobe la baie de Tadoussac. Le village est situé au confluent de la rivière Saguenay et du fleuve Saint-Laurent. © Renaud Philippe Le Devoir Une fine brume enrobe la baie de Tadoussac. Le village est situé au confluent de la rivière Saguenay et du fleuve Saint-Laurent.

Une légère brume enrobe délicatement le sable orné de petites touffes d’herbes marines. Plus on descend vers le fleuve Saint-Laurent, plus l’air chaud du haut des dunes de Tadoussac fait place à une brise froide qui fait monter ce fin nuage blanc. En contrebas sur la plage, un couple observe tranquillement le paysage tandis que les enfants ramassent des coquillages.

Félix, 4 ans, décide tout à coup de s’élancer dans la pente sans se laisser intimider par sa raideur. Son aînée de deux ans, Alice, le suit le sourire aux lèvres. Ils se rendront tout en haut au pas de course, laissant les adultes essoufflés derrière eux. La famille de Samuel Tessier, originaire de Québec, compte parmi les habitués de la région. Année après année, ils reviennent camper à Grandes-Bergeronnes pour ses excursions en kayak de mer. Le village est situé à une vingtaine de kilomètres de Tadoussac.

Samuel se souvient très bien de la première fois où il est entré en contact avec une baleine. Sa conjointe était enceinte de leur premier enfant. Ils espéraient voir un rorqual bleu que d’autres avaient aperçu sur le fleuve. « Il est sorti juste à côté de notre kayak », confie-t-il au Devoir, encore impressionné par la taille de la bête, dont un spécimen a déjà dépassé les 30 mètres.

Depuis l’an dernier, de nombreux Québécois découvrent ou redécouvrent la Côte-Nord. Le Devoir s’est rendu à Tadoussac, la porte d’entrée de la région située à quelque 200 kilomètres de Québec. C’est le premier arrêt pour les voyageurs après un court trajet en traversier sur la rivière Saguenay. Ils continuent ensuite leur périple sur la route 138 en longeant le fleuve, la côte s’inclinant doucement vers le nord. Du bateau, l’œil attentif peut observer quelques bélugas.

 

Le village de Tadoussac compte un peu moins de 800 âmes. Il se préparait en début de semaine pour une nouvelle saison touristique, malheureusement encore une fois écourtée par la pandémie. Si les Québécois voyagent entre la Saint-Jean-Baptiste et la fête du Travail, les Européens font généralement leur arrivée là-bas dès le mois de mai, et ce, jusqu’en octobre. Or, cette année, impossible de recevoir des voyageurs internationaux avec la fermeture de la frontière.

« La clientèle est vraiment différente », fait remarquer la directrice générale de l’hôtel Tadoussac, Tina Tremblay. L’établissement de 149 chambres domine la rue du Bord-de-l’Eau avec son toit rouge vif et ses murs blancs. « Habituellement, 65 % de nos clients sont des Européens », poursuit celle qui travaille dans l’édifice emblématique depuis 1985.

Rencontré au hasard sur la terrasse de la microbrasserie Tadoussac, un couple de retraités de Saint-Tite, en Mauricie, avoue n’avoir jamais foulé le sol de la Côte-Nord auparavant. « On ne l’a jamais visitée et vu qu’il faut rester au Québec, on a décidé de venir ici », explique Nicole Dubé. Devant elle et son conjoint s’alignent quatre petits verres de dégustation. Leur but était d’avaler encore 800 kilomètres jusqu’au village natal de Gilles Vigneault. « On n’a pas pu avoir d’hébergement à Natashquan », laisse tomber Daniel Frigon. Loin de se laisser décourager, le couple prévoit de faire de la randonnée pédestre et d’observer les monolithes de l’archipel de Mingan.

 

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