Des villes de la C.-B. souffrent de l'absence des touristes albertains

Les villes et villages situés le long des limites de l'Alberta et de la Colombie-Britannique se disent inquiets du maintien des restrictions contre la COVID-19 qui pourraient nuire grandement à leur économie au cours de la prochaine période estivale.

Le petit village de Field, en Colombie-Britannique, à environ dix kilomètres de l'Alberta, doit affronter deux problèmes: une section de la Transcanadienne est fermée pour des travaux et le gouvernement provincial décourage les touristes albertains de s'y rendre.

Jennifer Coffman, la propriétaire du Truffle Pigs Bistro and Lodge, compare sa situation à celle du chevalier dans le film Holy Grail des Monty Python.

«Le gars dit qu'il veut continuer de se battre même s'il n'a plus de bras ni de jambes, raconte-t-elle. Je ne sais pas combien de jambes et de bras qu'il me reste à amputer avant de fermer mon commerce, de prendre une grande respiration et de me préparer au moment fatal.»

Mme Coffman estime que les Albertains ont représenté environ 80% de sa clientèle, l'an dernier, et environ 50% avant la pandémie.

«Nous comptons tellement sur les gens de Calgary. Les Albertains nous ont permis de passer au travers de cette pandémie. L'été dernier, cela s'est bien passé. J'ai alors pensé que je pouvais compter sur mon étoile chanceuse. Mais le prochain été s'annonce difficile.»

Une porte-parole de la GRC, en Colombie-Britannique, dit que les voyages ne sont pas interdits. Il n'y a pas de contrôle aux passages transprovinciaux.

«Il n'y a aucune restriction qui empêche les gens de venir de l'Alberta, rappelle une porte-parole de la GRC, la sergente Janelle Shoihet. Si les gens viennent de l'Alberta et se rendent dans une région sanitaire, ils doivent y rester et ne peuvent pas aller plus loin.»

Tout déplacement doit être considéré comme essentiel.

«S'il vous plaît, ne venez pas dans notre province. Restez chez vous, à moins que ce ne soit pour un voyage essentiel. Nous vous aimons, mais restez chez vous», implore la policière.

À Fernie, dans le sud-est de la province, Brad Parsell, le directeur général de la Chambre de commerce locale dit qu'environ 80% des tourismes viennent de la Saskatchewan et de l'Alberta. Il continue d'encourager les touristes de venir visiter sa région.

«Fernie pourrait tout aussi bien être en Alberta à toutes fins utiles. Nous dépendons des Albertains dans le secteur du tourisme, bien sûr, mais aussi dans toute notre économie», dit-il. Il a été extrêmement difficile pour le secteur de ne pas offrir le tapis de bienvenue à ces gens pour le moment.

«Il ne s'agit pas seulement de chiffres arbitraires. Ce sont les moyens de subsistance des gens, c'est leur vie.»

Les restrictions n'affectent pas seulement les collectivités canadiennes.

Au Montana voisin, la fermeture de la frontière entre le Canada et les États-Unis nuit à l'économie de Browning, une ville du territoire autochtone des Pieds-Noirs.

«Une grande partie de nos revenus pour le casino local provient de gens de Lethbridge [en Alberta], parce que nous sommes une ville située juste à côté de la frontière canadienne, explique le porte-parole James McNeely. Je pense que le Montana a constaté un certain impact du manque de visiteurs canadiens. Nous ne voyons plus ces plaques.»

Bill Graveland, La Presse Canadienne

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