Une vague de chaleur « pratiquement impossible sans l’influence des humains »

La Ville de Vancouver a installé des stations de brumisation un peu partout dans la ville pour permettre aux passants de profiter d'un moment de répit. (archives) © Justine Beaulieu-Poudrier/Radio-Canada La Ville de Vancouver a installé des stations de brumisation un peu partout dans la ville pour permettre aux passants de profiter d'un moment de répit. (archives)

La récente vague de chaleur extrême qui a submergé l’Ouest canadien et les États-Unis était « pratiquement impossible sans l’influence des humains », ont conclu des experts internationaux.

Une équipe de 27 chercheurs de la World Weather Attribution, une initiative regroupant des experts de divers instituts de recherche dans le monde, ont estimé que le changement climatique avait rendu cet événement au minimum 150 fois plus susceptible de se produire.

La Ville de Lytton en Colombie-Britannique a battu le record de la température la plus élevée jamais enregistrée au pays pendant trois jours de suite, atteignant 49,6 degrés Celsius le 30 juin dernier.

Lorsque l'on examine les relevés de température au fil du temps, on constate une augmentation constante des températures les plus chaudes de l'année. Cet événement est arrivé et a tout simplement battu ce record», a constaté la climatologue au Pacific Climate Impacts Consortium de l'Université de Victoria et coauteur du rapport, Faron Anslow.

Deux vagues de chaleurs extrêmes par décennie

Le rapport de la World Weather Attribution doit être examiné par des pairs, mais le groupe prévoit de le soumettre dans un avenir proche.

Bien que le changement climatique ait rendu cette vague de chaleur extrême plus probable, les scientifiques affirment qu'elle reste très inhabituelle.

Ils estiment que de tels événements climatiques ne devraient se produire qu'une fois tous les 1000 ans.

Mais si le climat se réchauffe de deux degrés Celsius, ce qui pourrait se produire d'ici 2050 , les chercheurs estiment que des vagues de chaleur de ce type pourraient se produire au moins une ou deux fois par décennie.

Deux hypothèses inquiétantes

L'équipe a trouvé deux explications possibles pour expliquer comment une vague de chaleur de cette ampleur a pu se produire.

Premièrement, ils affirment que le rôle de la sécheresse printanière dans l’ouest du pays a créé des conditions atmosphériques inhabituelles, ce qui a permis la formation du dôme de chaleur».

La deuxième est plus inquiétante : la hausse générale des températures sur la Terre pourrait avoir fait franchir un seuil, conduisant à un réchauffement exponentiel plus important que ce que l'on prévoyait jusqu'à présent.

Selon Faron Anslow, les records ont été établis un mois entier avant la période la plus chaude de l'année.

Si cet événement avait eu lieu plus tard, il aurait pu faire un peu plus chaud. Mais il s'est produit très peu de temps après les jours les plus longs de l'année. [...] Vous avez ces heures et minutes supplémentaires pour que l'énergie du soleil descende et cuise littéralement le paysage», a-t-il affirmé.

Les scientifiques du World Weather Attribution rappellent l’importance de mener des actions pour s’adapter aux nouvelles conditions, comme des systèmes d’alerte aux fortes chaleurs et la construction de bâtiments adaptés.

Mais leur priorité à long terme reste la même, soit de réduire les émissions de gaz à effet de serre, ont-ils déclaré

Avec les informations de Jade Prévost-Manuel

Une vague de chaleur « pratiquement impossible sans l’influence des humains »