Taïwan est un "pays", insiste Alain Richard malgré la colère chinoise

TAIWAN-FRANCE:Taïwan est un "pays", insiste Alain Richard malgré la colère chinoise

TAÏWAN EST UN "PAYS", INSISTE ALAIN RICHARD MALGRÉ LA COLÈRE CHINOISE © Reuters/POOL TAÏWAN EST UN "PAYS", INSISTE ALAIN RICHARD MALGRÉ LA COLÈRE CHINOISE

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TAIPEI (Reuters) - Le sénateur Alain Richard, à la tête d'une délégation française à Taïwan dont la visite irrite Pékin, a de nouveau qualifié vendredi l'île de "pays" au risque d'aviver l'ire des autorités chinoises qui revendiquent la souveraineté du territoire.

Jeudi déjà, l'ancien ministre de la Défense et président du groupe d'échanges et d'études Sénat-Taïwan, avait présenté Taïwan comme un pays à l'issue d'un entretien avec la présidente Tsai Ing-wen.

Vendredi, il a réitéré ses propos en évoquant en anglais, devant des journalistes, la question des représentations taïwanaises.

"C'est un sujet diplomatique délicat, mais ce qui me frappe, c'est que le nom de cette île et de ce pays est Taïwan", a-t-il dit. "Donc, il ne sert à rien d'essayer, vous savez, d'empêcher ce pays d'utiliser son nom."

Il a souligné que le terme "pays", en français, avait avant tout une signification géographique, non politique.

L'usage du nom Taïwan est politiquement et diplomatiquement sensible.

Formellement appelée "République de Chine", l'île n'est pas reconnue par la plupart des pays qui entretiennent des relations diplomatiques avec Pékin. Leurs ambassades utilisent généralement le nom "Taipei" pour présenter l'île afin de ne pas froisser la Chine continentale.

Jeudi, les autorités chinoises avaient vivement réagi à la déclaration d'Alain Richard, soulignant, par la voix du porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères Zhao Lijian, que présenter Taïwan comme un pays était une "violation flagrante du consensus universel de la communauté internationale".

LA CHINE TESTE L'OCCIDENT

"Les gens comme Richard n'ont soit pas de respect et de compréhension quant aux plus élémentaires des normes des relations internationales, soit ils prennent en otages les relations d'État à État sur la base d'un égoïsme personnel. La Chine condamne fermement et s'y oppose fermement", avait-il déclaré.

La France n'a de relations officielles qu'avec Pékin, mais elle maintient une représentation diplomatique relativement importante à Taïwan.

Alain Richard, ministre de la Défense de 1997 à 2002 sous la présidence de Jacques Chirac, s'est déjà rendu par deux fois à Taïwan.

Pour ce nouveau déplacement, il est accompagné des sénateurs Max Brisson, Else Joseph et Olivier Cadic. La délégation s'est rendue sur l'île malgré les tentatives de Pékin pour les dissuader d'effectuer ce voyage.

Cette visite intervient alors que les tensions militaires entre Taïwan et Pékin ont atteint des sommets ces derniers jours, avec de multiples incursions d'avions chinois dans l'espace aérien taïwanais qui ont suscité l'inquiétude des Etats-Unis et de leurs alliés.

Selon Alain Richard, ces incursions aériennes sont un message de la part du pouvoir de Pékin et une menace en direction de Taïwan.

S'exprimant vendredi sur BFM TV-RMC, Clément Beaune, secrétaire d'Etat français aux Affaires européennes, a estimé que la Chine "manifestement test[ait] un certain nombre de résistances ou de capacités d'actions occidentales".

"Nous avons une politique qui a toujours été celle de la reconnaissance d'une seule Chine", a-t-il ajouté.

Des membres des forces spéciales américaines se relaient depuis plusieurs mois à Taïwan pour des missions d'entraînement des forces locales, ont dit jeudi à Reuters deux sources au fait de l'opération et s'exprimant sous le sceau de l'anonymat. Le Pentagone n'a ni infirmé ni confirmé l'information.

(Reportage Yimou Lee et Ben Blanchard; avec la contribution de Gabriel Crossley à Pékin et Myriam Rivet à Paris; version française Claude Chendjou, édité par Sophie Louet)

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