Série de discours aux Communes pour dénoncer l'attaque contre une famille musulmane

© Fournis par La Presse Canadienne

OTTAWA — Le premier ministre Justin Trudeau dénonce comme une «attaque terroriste» le drame qui s'est joué à London, en Ontario, il y a deux jours.

Le premier ministre a ainsi offert sa réaction officielle, dans un discours à la Chambre des communes mardi matin.

Les parlementaires ont entamé leurs travaux par un moment de silence.

Dimanche, un automobiliste a foncé sur une famille de cinq qui marchait sur un trottoir.

La police de London a révélé, lundi, que la famille a été ciblée parce que musulmane. Les deux parents, la grand-mère et l'adolescente sont décédés. Un garçon de neuf ans a survécu et est à l'hôpital.

Un homme de 20 ans a été arrêté par la police de London.

Les chefs des partis politiques fédéraux se sont levés en Chambre pour exprimer leur peine et leur désarroi devant ce drame.

Lorsqu'il a pris la parole, le premier ministre s'est dit «horrifié». Il n'a pas manqué de rappeler l'attentat contre la mosquée de Québec, tragédie qui avait secoué le pays en entier.

Il a offert son soutien aux proches des victimes. 

«On espère tous que le petit garçon pourra se remettre de ses blessures rapidement. Même si on sait qu’il vivra longtemps avec la tristesse, l’incompréhension et la colère causées par cette attaque lâche et islamophobe», a dit le premier ministre.

Le chef conservateur a fait écho à ces propos.

«Il mérite un pays libre et sans peur», a dit Erin O'Toole de l'enfant blessé.

«Le Canada de son avenir doit être meilleur que le Canada de dimanche soir», a déclaré M. O'Toole.

«Il lui faudra beaucoup d'amour et c'est peut-être la première réponse qu'il faut à la haine», a offert le chef bloquiste en parlant, lui aussi, de l'enfant devenu orphelin.

Et Yves-François Blanchet a réclamé plus que des mots et des condoléances.

«Il faut que ça arrête maintenant», a-t-il dit des gestes de haine après avoir, lui aussi, rappelé le drame de la mosquée de Québec.

Le chef du Nouveau parti démocratique (NPD) a livré son allocution avec une certaine dose de colère.

«Nous ne pouvons le nier», a lancé Jagmeet Singh, affirmant que le Canada est «une place de racisme, de violence (...) où les musulmans ne sont pas en sécurité».

«Combien de familles de plus doivent être assassinées avant que nous fassions quelque chose?», a-t-il tonné.

Quelques minutes plus tôt, sur un ton moins enflammé, le premier ministre Trudeau offrait quelque chose de semblable.

«On sait aussi qu’il faut se dire la vérité, a-t-il convenu. Cette haine et cette violence existent chez nous, que ce soit dans la rue, en ligne, ou ailleurs. Et tant qu’elle va exister, on va avoir du travail à faire.»

Avant les déclarations des chefs en Chambre, la leader du Parti vert, Annamie Paul, qui n'a pas de siège aux Communes, a tenu une conférence de presse où elle a réclamé que le gouvernement élabore une «stratégie nationale contre l'islamophobie».

La députée du Parti vert qui a pris la parole aux Communes, Elizabeth May, a livré son discours en larmes. «Nous nous regardons dans le miroir depuis un certain temps maintenant, et c'est difficile d'aimer ce que nous y voyons», a pleuré la députée May. 

Lina Dib, La Presse Canadienne

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